Au Lion D’or
Merci d'être revenu(e)!
Précédemment dans “Assez !” vous avez choisi :
“C’est qui sur cette photo ?
- Quoi ?
- Là sur la photo, c’est qui ?
- Mais putain, de quoi tu parles ! Tu as vu l’heure ? Tu pourrais peut être m’accueillir avec un “merci, c’est très sympa de ta part de m’avoir évité des emmerdes” !
- Excuse-moi, je suis vraiment trop con. Je te remercie de m’avoir évité des emmerdes. Sans toi, je serais surement en cellule de dégrisement dans je ne sais quel état.
- Mouais. Tu es toujours aussi peu convaincant quand il s’agit de présenter des excuses. Allez, prends ta veste, je te ramène à la maison.
- OK. Mais tu ne veux pas me dire qui c’est sur la photo ?
- Putain mais quel boulet. C’est une amie de Georges. Voila, tu es content, on peut y aller ?”.
Elle n’était absolument pas dans son état normal. L’alcool devait influencer mon discernement mais je restais convaincu que le fait que je vois cette photo l’avait perturbée.
Dans les couloirs de l’hôpital, tout le personnel nous dévisageait : la directrice qui vient chercher son ex mari saoul en pleine nuit… ça va jaser à l’hosto.
Elle ne disait plus un mot. Rien. “Hé Bouli, arrête de faire la gueule ?
- Tais-toi, tu me fais chier.
- Allez Bouli…
- Arrête. Je ne sais pas si tu sais mais on est lundi ! Dans quelques heures, je dois retourner travailler. Je vais devoir aller voir l’infirmière qui t’a examiné et lui présenter des excuses pour ce que je lui ai demandé.
- C’est bon, c’est pas un crime non plus.
- C’est bon ? Mais quand est ce que tu arrêteras d’être égoïste à ce point ? A ton avis, qu’est ce qui va se passer si je lui refuse sa prochaine augmentation ou une demande de congés ?”.
Elle marquait un point. Je l’avais peut être un peu foutu dans la merde.
“Excuse moi, je suis bourré…
- La belle excuse”.
Plus un mot ne fut échangé durant le trajet.
Alors qu’elle fermait la porte à clé derrière moi, elle se décida enfin à reparler : “tu comprendras que je n’ai pas eu le temps de faire le lit. Donc, soit tu dors sur un fauteuil, soit dans mon lit”.
Dormir dans un fauteuil, la belle idée. J’étais encore saoul mais pas suffisamment pour m’imposer une telle torture. Ses fauteuils club étaient certes très tendance, mais surtout, ils étaient durs et inconfortables.
Affichant un large sourire, je lui annonçais donc ma décision, suivie d’un clin d’œil… qui était de toute évidence de trop.
“On dort. C’est tout. Et si tu comptes entrer dans mon lit, tu mettras un des pyjamas de Georges !
- Hein ? Mais tu sais que je dors toujours tout nu ?
- Et bien si tu veux dormir à poil, je te laisse tous mes fauteuils”.
Par le passé, j’avais souvent souhaité passer une nuit à ses cotés. C’était étrange : dormir dans cette maison, dans ce lit, avec elle à mes cotés et Hugo à nos pieds… qui l’eut cru ?
Bien entendu, dans mes pensées, j’imaginais cela légèrement différemment : je n’avais jamais pensé que je porterais un jour un gros pyjama à carreaux et que j’aurais eu pour dernière consigne de ne surtout pas la tripoter pendant son sommeil.
Je n’arrivais pas à dormir. Tout cela me perturbait. Elle. Moi. Nous. Nastasia. Moi. Nous.
La lune était pleine et sa lueur éclairait la chambre. Je pouvais tout distinguer. Les meubles. Nos meubles devenues ses meubles. Les tableaux. Les babioles. Tant de souvenirs.
Son sommeil semblait agité. Elle bougeait les pieds, les mains. Elle rêvait. Au grès d’un énième mouvement, elle se tournait vers moi. Elle était belle dans sa nuisette. Le temps ne semblait pas l’atteindre. Les années passaient mais elle restait toujours là même. Physiquement du moins.
Toujours en train de rêver, elle se mit à murmurer tout un tas de choses incompréhensibles. C’était rigolo, on aurait dit un enfant. Alors que son rêve semblait se terminer, qu’elle avait cessé de gigoter, clairement, elle chuchota Je t”aime.
Merde alors ! On aurait dit qu’elle me le disait. Elle était face à moi et semblait me regarder. Merde alors, si elle ne dormait pas, cela aurait pu être une authentique déclaration. Elle était si belle… sa bouche, pulpeuse, si tentante… et si…
L’instant d’après, elle tourna sur elle-même. Je regardais son dos, ses épaules dénudées.
Lentement mais surement était en train de s’assembler dans ma petite tête tous les éléments pour faire une énorme connerie. Non, je n’allais pas me blottir contre elle, non, je n’allais pas…
Non !
Je faisais à mon tour un demi-tour sur moi même et finissais pas m’endormir, mes fesses contre les siennes.
A mon réveil, elle n’était plus là.
En bas, elle m’avait laissé la cafetière allumé et un mot “Je reviendrais vers 13 heures avec un MC Do. Ps : tu es très sexy en pyjama”.
L’alcool aidant, j’avais dormi comme un loir. Il était un peu plus de 10 heures du matin. Après avoir bu deux bons bols de cafés noirs, je prenais la direction de la douche. Un petit détour par la penderie de Georges pour lui piquer des fringues puis la salle de bain et sa douche multi-jets.
Mon plaisir aquatique ne dura que quelques minutes. Les multi-jets c’est bien. Les petits cumulus c’est mal. Le rinçage à l’eau glacée avec eu le mérite de me remettre les idées en place : oui elle était belle, mais elle ne pensait qu’à sa gueule.
10H50. J’étais propre, sec et déguisé en Georges. Je n’avais quasiment aucune séquelle de ma cuite d’hier, ce qui était remarquable compte tenu de l’alcool ingéré. J’avais un peu plus de deux heures à tuer avant son retour.
1- Je vais en profiter pour appeler K. Je dois quand même lui dire que j’ai plié sa caisse pour savoir ce que je dois faire.












