Comment ça marche...

Le Blog Dont Vous Êtes Le Héros s'inspire des livres dont vous êtes le héros. Un début d'histoire va vous être proposé mais c'est vous qui allez écrire la suite ! Chaque jour, une nouvelle étape. A la fin, vous devrez voter pour la solution qui vous semble la plus opportune, comme si vous étiez le héros de l'histoire. Dès le lendemain, l'histoire continuera selon la volonté de la majorité des votants.

Les Règles...

    1- Une seule et unique mise à jour par jour.
    2- La majorité des votes décide de la suite de l'histoire.
    3- En cas d'égalité, je décide de la suite tout seul.
    4- Les commentaires peuvent influencer l'histoire.

Archive: Chapitre 3

Alors ? Qu’est ce qu’il y a dans le ventre de ce chien ?

Merci d'être revenu(e)!

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Les deux russes soulevaient Hugo sans aucun ménagement.
Cette absence de douceur à l’encontre d’un chien n’avait finalement rien de surprenant, après tout,  ces hommes n’hésitaient pas à tirer sur des femmes. La scène n’en était pas pour autant moins supportable : “bande de sauvages ! Allez y mollo, vous lui avez déjà tiré dessus”.
J’avais l’impression de pisser dans un violoncelle ! Hugo se débattait mais il ne pouvait vraiment lutter. Quelques secondes plus tard, le coffre de la voiture se refermait sur son museau.

“Allez monte !”. Il fallait croire que c’était une coutume russe d’associer la parole aux gestes. Igor me saisit par le col et me jeta à l’intérieur de sa voiture sous le regard médusé des passants.

Une bonne heure s’écoula avant d’arriver à l’entrepôt. Une heure de torture. Une heure seul avec ma conscience, à réaliser que j’étais en train de conduire mon chien à l’abattoir. Une heure à réaliser que je risquais également de subir le même traitement.
Réfléchir. Ne pas paniquer. Autant dire : mission impossible.

L’entrepôt était situé dans une zone industrielle complètement déserte. Seule la lumière qui passait par une vitre opaque permettait de deviner qu’il y avait de la vie à l’intérieur.
Deux coups de klaxon et, après qu’une tête soit sortie pour effectuer un contrôle visuel, la grande porte coulissait devant nous pour se refermer juste après notre entrée.

Igor semblait vouer une passion sans limite pour mon col. En tirant délicatement dessus, il m’expulsa de la voiture. Nastasia avait pu se rhabiller ; elle était assise par terre, ses mains étaient attachées au pied d’une chaise. Histoire de me rassurer, elle m’adressait un ravissant sourire et un clin d’œil : elle allait donc bien.

“Vous nous avez fait perdre un temps précieux. Peut être pensez vous que nous sommes là pour visiter Paris et que nous avons du temps à perdre. Sachez que vous vous trompez”. Au moment où il ponctuait sa phrase, le chef me gifla violemment. Son geste était bien moins douloureux que les coups que j’avais pris aujourd’hui. Mais le claquement et le filet de sang qui s’échappait de ma lèvre était vraiment humiliant. Une rage folle m’envahissait : je voulais le gifler à mon tour, le mettre au sol et le rouer de coup de pieds… c’était un vœu pieu.

“Vous comprenez que nous ne pouvons plus vous faire confiance. Le chien a mangé la prothèse. La prothèse contenait une puce. Il n’y a que trois hypothèses : soit cette puce est tombée et c’est tout à fait regrettable que vous ayez été mêlé à cette histoire, soit vous avez cette puce ou soit votre chien l’a avalé.
- Écoutez, j’ignore de quoi vous parlez. Mon chien a trouvé ce bout de silicone et à force de mordre dedans il l’a déchiré. Tout ce que je sais c’est qu’il ne l’a pas avalé, demandez à votre collègue, il vous le dira ! Le vétérinaire a fait une radio et il n’a rien trouvé.
- Je sais déjà tout ça. Mais comprenez moi, vous m’avez déjà menti tout à l’heure. Et puis, je ne connais pas ce vétérinaire, peut être ne fait-il pas bien son travail. Il serait regrettable que votre chien ait à souffrir d’une erreur de diagnostic. Vous savez une puce est quelque chose de vraiment trop indigeste.
- Il n’a rien du tout dans son estomac. Vous le savez tout comme moi.
- Rassurez vous, nous ne sommes pas des sauvages”. Il prenait un grand couteau qui était jusqu’alors posé sur la table. “Si vous voulez, je peux lui mettre une balle dans la tête avant de l’opérer”.

Hugo.
Dire où se trouvait la puce ou condamner Hugo.
Dire où se trouvait la puce, éventuellement épargner Hugo, et nous condamner, Nastasia et moi.
“Ne faites pas ça.
- pourquoi ? Vous savez où est la puce ?
- non, je vous l’ai déjà dit.
- Vous préférez que je l’endorme avant de l’opérer ?”.
Il secouait son pistolet. Je devais l’empêcher. Je devais gagner du temps.
“Tenez-lui les pattes”. Hugo gémissait. Allongé sur le flanc, dans le coffre, ses membres étaient solidement maintenus.
La lame du couteau était posée sur son thorax : “je vous laisse 3 secondes. Après, j’opère. 3, 2, 1…
- Attendez !”. La voix tremblante, le visage ruisselant, je respirais un grand coup avant de dire ce que je n’aurais pas pensé dire quelques instants plus tôt : “Tuez le avant… s’il vous plait”.
J’ignorais ce que cela signifiait mais le russe fit un petit signe de la tête, comme un acquiescement, tout en ôtant son sourire narquois. Alors qu’il pointait son arme sur la tête d’Hugo, son téléphone sonna. Il hésita un instant puis posa son arme dans son holster pour répondre.
La discussion dura moins d’une minute. Dès qu’elle fût terminée, il donna des instructions à ses hommes qui lâchèrent Hugo. Une fois le coffre refermé, ils se mirent à ranger leurs affaires.

“Très cher Monsieur, sachez qu’une nouvelle fois, vous me décevez énormément. Vous nous avez encore menti. Un de mes hommes arrive, il a la puce avec lui.”.
La puce ? Un de ses hommes ? Mais c’était impossible !

Quelques instants plus tard, une voiture arrivait. Un gyrophare bleu scintillait. C’était une voiture de la police. Pourtant, ici, personne ne semblait inquiet. Igor jeta un coup d’œil dehors avant d’ouvrir la grande porte. Une voiture banalisée entrait. Au volant : un homme en noir. Un des collègues de K, un de ceux qui étaient chez mon ex. Tout s’effondrait autour de moi.

Le chef des russes lui ouvrit la porte. Les deux hommes échangèrent une franche poignée de main : “Vassilia, ça vaaaaaaaaaa ? j’ai ce que tu cherches”. L’homme en noir lui tendait l’enveloppe que j’avais laissé au commissariat. “Je l’ai récupéré en toute discrétion. Personne ne pourra remonter jusqu’à moi.
- J’en suis tout à fait certain”. Alors qu’il prenait l’enveloppe, Vassilia enfonça son couteau dans le ventre de l’homme en noir. “Ne te fais plus de soucis, personne ne viendra t’embêter”.
La lame retirée, l’homme s’écroulait. A peine avait-il touché le sol que Vassilia donnait une série d’ordres. Tout le monde s’activait, ils comptaient rapidement partir.

Vassilia était à nouveau au téléphone. Il passait de nombreux appels et s’adressait à ses interlocuteurs avec calme. Il parlait en faisant les cent pas. Plus personne ne semblait se soucier de nous. Ils avaient leur puce. Ils avaient des problèmes à régler. D’abord les plus importants. Ensuite, nous.

Nastasia regardait à droite, à gauche. Elle semblait réfléchir à trouver un moyen de s’échapper. Où trouvait-elle cette énergie ? Pour ma part, je restais planté là, debout, immobile, bien incapable de la moindre réflexion.
Vassilia entamait son troisième appel. Il s’était assis sur la table à laquelle Nastasia était attachée. Visiblement détendu et satisfait de la tournure des évènements, il plaisantait avec son interlocuteur. Alerté par les mouvements de tête de Nastasia, je constatais que dans sa décontraction, il avait posé son couteau et la puce sur la table. J’ignorais ce qu’avait Nastasia derrière la tête mais cela me semblait totalement irréalisable. Le temps d’arriver à la table, Vassilia aurait eu tout loisir pour récupérer son couteau et m’éventrer comme son ex-associé.

Terrifié à l’idée qu’un des Russes n’aperçoive Nastasia me faire des gestes, je tournais sur moi même pour faire face à la porte d’entrée. A ce moment là, il me sembla apercevoir une puis deux ombres passer devant la vitre opaque. Avant d’avoir pu réaliser ce que je venais de voir, la vitre se brisa et s’accompagna d’une série de coups de feu. Au même moment, la porte d’entrée volait en éclat, déchirée par un camion lancé à vive allure. Par réflexe ou par culture cinématographique, je me jetais au sol et regardais Nastasia pour la rassurer du regard. Elle ne semblait pas vraiment paniquée et continuait à me monter le couteau sur la table. Vassilia s’était mis derrière un poteau pour se protéger et tirer à couvert. Les balles fusaient de toute part. Incapable de me lever, je rampais en direction de Nastasia.
“Prends le couteau et coupe les cordes !”. Je la regardais, immobile, pétrifié.
Calmement, elle recommença : “Tends ton bras et prends le couteau. Coupe mes cordes et ensuite je nous sors de là”. Tel un enfant de deux ans, sans trop savoir ce que je faisais, je m’exécutais.
Quelques secondes plus tard, je la libérais. “Quand je te le dis, tu te lèves et tu cours jusqu’à la voiture. 3, 2, 1, on y va !”.
Nastasia se leva, prit ma main et me tira. La peur de mourir, de prendre une balle, me donna des ailes. Alors que je sautais sur les sièges arrière par la portière par laquelle j’étais descendu, Nastasia prenait le volant et démarrait en trombes.
Sans même avoir le temps d’avoir peur, nous étions dehors. Vivant et dehors.
“Ca va? Tu n’as rien?” demanda-t-elle.
- Non et toi ?
- Je crois que j’ai fait pipi dans ma culotte mais sinon tout va bien” lança-t-elle sur le ton de la plaisanterie. “Où allons-nous ?”.

1- Fonce au commissariat le plus proche. Il faut tout raconter et qu’on soit protégé.

2- Roule le plus longtemps possible. Il faut quitter Paris, se mettre au vert et réfléchir à tout ça.

Que dois-je faire ?

  • 1- Aller à la Police (24,0%, 9 Votes)
  • 2- Partir loin d'ici (76,0%, 29 Votes)

Nbre de votes: 38

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Quelqu’un aurait vu un nibard ?

Attention : c’est le Week End. Il y a deux votes. Vous avez jusqu’à dimanche minuit pour voter.

Précédemment dans “Si j’aurais…”

“Je n’en sais rien. Mon chien l’avait chez moi. Il doit être encore là bas.
- dépêche-toi de te rhabiller”.
Une minute après, j’étais à nouveau dans la voiture.

La nuit commençait à tomber. L’avantage d’avoir un doigt cassé est que la douleur vous fait oublier à peu près tout : le danger, le stress, la faim, la peur… L’inconvénient par contre est que cela vous rend très égoïste : j’avais mal, très mal et je ne craignais qu’une chose… faire une bêtise pour ne plus ressentir de douleur…
Je devais rester lucide sur les choix à opérer. Ils ne devaient pas avoir la puce sinon il était évident qu’ils allaient nous liquider.

Trois quart d’heure plus tard, la voiture entrait dans mon parking. Une forte odeur de brûlé s’échappait dès l’ouverture des portes de l’ascenseur. Ce n’était qu’un amuse gueule comparé au spectacle qui m’attendait. Le couloir du 3ème étage baignait dans l’eau. Ma porte avait été défoncée par les pompiers, enfin, je supposais que c’était leur œuvre, à coup de haches. Mon appartement était entièrement calciné. Tout avait brûlé. Il ne restait quasiment rien d’intact. Nastasia n’avait pas les choses à moitié.
“Où est la prothèse ?
- euh… je ne sais pas… comment vous voulez que je le sache, tout est brûlé !
- trouve la ou je te casse un autre doigt”.

La peur. Elle m’habitait. Des pieds à la tête en passant par mon index brisé en deux. J’avais peur. Peur d’avoir mal. Peur de mourir. Peur tout court.
Je devais gagner du temps. Je devais faire semblant de chercher ce foutu bout de silicone. Je soulevais des restes de t-shirt, de caleçon. Tout n’était que cendres et amas boueux. Quelle sera ma vie après tout ça ?
Mon manège ne prenait pas. Igor -il avait une tête à s’appeler Igor- s’agaçait et secouait avec de plus en plus de vigueur son bras et par conséquence la main située à son extrémité… ainsi que la crosse du pistolet qu’elle tenait solidement. J’ignorais s’il le faisait exprès mais voir un mec de près de deux mètres et 100kg, armé, s’énervait, était de nature à faire naître du stress en moi.
“Vous ne pourriez pas arrêter de pointer votre arme vers moi s’il vous plaît ? Cela me permettrait de me détendre et de chercher plus efficacement”. Un de mes mots devait être une insulte en russe. Alors que son acolyte n’avait pas bougé de la porte, Igor se mit à me hurler dessus, s’avançant arme au poing en ma direction.
“Excusez-moi ! Arrêtez de me braquer comme ça, s’il vous plaît… Aidez-moi à chercher, on ira plus vite. Ensemble. Together”. Ma proposition l’avait tellement surpris qu’elle l’avait stoppé net. “Ensemble. Yes we can ! YES WE CAN!”. La frontière entre la surprise et l’exaspération est souvent proche. De toute évidence, je l’avais franchi. Alors que j’étais concentré sur son arme, son poing gauche venait heurter mon nez.

Je n’y voyais plus rien. Des larmes inondaient mes yeux tandis que mon nez pissait du sang. Et Igor continuait à hurler, à me braquer. J’allais mourir.

Un téléphone sonna. Le téléphone d’Igor. Les sonneries le calmèrent mais il restait là, le bras tendu dans ma direction. Étrangement, je n’avais plus peur. Je savais que j’allais mourir. On a peur quand on a un doute. On a peur quand on a le choix. Ce n’était plus mon cas. J’étais résigné.

Gardant son arme dirigée sur moi, Igor décrocha. S’en suit un échange bref mais sévère. Tu m’étonnes… il n’a pas la puce. Visiblement contrarié, Igor me tendit le téléphone.
“Allo ?
- Vous me décevez. Vous devez penser que nous ne sommes pas sérieux. Je ne vous avais rien demandé de compliqué. Vous voulez dire quelque chose à Nastasia ?”.
Ses hurlements transpercèrent mes tympans. “Nooooooon! Lâchez moi! A l’aiiiiiiiiiiiiiiiiiide”. Un coup de feu stoppa un bref instant ses hurlements. Un fraction de seconde plus tard, ses cris redoublaient.
“Continuez à vous moquer de nous et rapidement il ne restera plus grand chose de votre amie. Où se trouve l’objet que je recherche ?
- Mais je vous assure qu’il doit…
- Recommencez !” Nastasia hurlait encore plus fort.
“Arrêtez ! Arrêtez ! La prothèse se trouve juste en dessous, chez Nastasia.
- Bien. Rendez le téléphone à mon collaborateur”.

Pas besoin d’écouter la conversation. Je savais ce qu’ils étaient en train de se dire.
Un instant plus tard, nous descendions chez Nastasia… et fracturions sa porte. Un instant plus tard, je leur tendais la prothèse, enfin, ce que les dents d’Hugo avaient bien voulu épargner.
“Arrêtez ! C’est jouet du chien”. Voilà pourquoi ils ne l’avaient pas pris. Ils ignoraient que le truc qui était dans la gueule d’Hugo était la prothèse.
“Je vous assure que c’est la prothèse”. Les deux hommes se hurlaient dessus. Ils venaient sans doute de comprendre leur erreur et si cela se passe comme dans les romans policiers, dans de tels milieux, après de grosses erreurs, on touchait rarement les Assedic.

Igor passa un appel, à son patron je suppose. Dès qu’il eut finit, il beugla : “amène nous au chien !”.
J’étais pris au dépourvu. Que faire si ce n’était d’aller à la clinique vétérinaire ? “Il est soigné dans le XVème”. Le temps de descendre au parking et nous prenions la direction de la clinique.

La personne qui était à l’accueil tapait avec frénésie sur son clavier les consignes qu’avait enregistrées sur un dictaphone un vétérinaire. Coquette, ses écouteurs étaient assortis à son collier. Elle ne nous avait pas vu arriver jusqu’à ce qu’Igor crut bon de manifester notre présence en lui arrachant un écouteur.
“Veuillez excuser mon ami. Il est un peu nerveux. Je viens voir mon chien. Je l’ai déposé tout à l’heure pour une blessure au niveau de la gorge. Il s’appelle Hugo”.
Visiblement contrariée par l’attitude cavalière d’Igor, elle chercha dans son ordinateur la fiche d’Hugo. “Allez au fond de ce couloir. C’est Monsieur Boullevault qui s’est occupé de votre chien”. Elle remettait son écouteur et reprenait sa frappe.

“Docteur Boullevault, bonjour, on vient de m’indiquer que vous vous étiez occupé de mon chien : Hugo.
- Oui. Tout à fait. Tout d’abord, je tiens à vous rassurer : le saignement était spectaculaire mais la blessure n’était pas si grave que cela. Par contre, j’ignore ce que vous avez fait à mon responsable, mais j’ai cru qu’il allait me virer quand je lui ai dit que je n’avais pas fait de radio ! Donc, puisque cela semblait important, il n’y a ni éclat de balle ni quoi que ce soit à l’intérieur de votre chien”.

Bordel ! Mais qu’est ce qu’il raconte ce con ! Igor, dont le français n’était pas fameux, semblait avoir tout bien saisi et discutait avec son collègue.

“Par contre, je vous demanderais d’aller voir mon responsable pour pouvoir récupérer votre chien. Il se trouve à l’étage supérieur”.

Après avoir gravi les marches, nous rentrions tous les trois dans un hall. Au milieu, se trouvait l’homme à la blouse blanche qui avait récupéré Hugo dans ma voiture. Son visage se ferma dès qu’il me vit.
“Votre chien a été recousu. La plaie ne saigne plus. Vous pouvez le prendre.
- Merci beaucoup. Je dois signer un papier ? A qui dois-je payer ?
- c’est bon, votre ami a déjà tout payé”.
Mon ami ? Quel ami ? De qui parlait-il ?
“Au revoir”. Il tournait le dos et s’éloignait.
Qui aurait pu payer l’intervention ? Qui était cet ami ?

Mon tendre Igor mit fin précipitamment à ma réflexion : “allez vite, vas chercher chien”.
Hugo me regardait. Il semblait amorphe. Ils avaient du lui donner un calmant. Il restait là, debout devant moi, sans bouger.
“Viens mon chien, on va aller faire un tour en voiture”.
Une fois dehors, le téléphone d’Igor sonna à nouveau. Après une nouvelle discussion musclée, Igor activa le haut parleur :
“le vétérinaire a dit que votre chien n’avait pas mangé de puce. Alors, ne me forcez pas à vous reposer une nouvelle fois la question : où est-elle ?”.

1- Tant qu’ils n’auront pas la puce, il nous restera une chance de survivre. “Écoutez, j’ai fait tout ce que vous m’avez demandé. J’ai donné à vos hommes la prothèse. Je les ai amenés à mon chien et un vétérinaire nous a assuré qu’il n’avait rien avalé. Je ne sais pas de quelle puce vous parlez, ni où elle se trouve. Laissez nous à présent et laissez Nastasia partir”.

2- Tant que je ne leur dirai pas où se trouve cette foutue puce, ils vont continuer à nous torturer et je ne vois plus quelle carte je pourrais encore abattre. “La puce se trouve au commissariat des Halles ! Je l’ai laissé là bas tout à l’heure”.

Que dois-je faire ?

  • 1- Mais puisque je vous dis que je ne sais pas où elle est ! (82,0%, 27 Votes)
  • 2- La puce est au commissariat des Halles (18,0%, 6 Votes)

Nbre de votes: 33

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“La confiance n’exclut pas le contrôle. Igor, tu vas ramener tout le monde et nous allons vérifier par nous même que le chien n’a pas avalé cette puce”.

Les salauds ! Ils allaient ouvrir mon chien en deux. Ils n’allaient écarter aucune hypothèse et l’hypothèse qu’Hugo ait avalé la puce était tout à fait plausible, malgré ce qu’avait déclaré le vétérinaire.
Hugo se traînait péniblement. Son bandage étant autour du cou, le vétérinaire lui avait retiré le collier. Je devais donc le pousser pour le forcer à avancer.
Une fois arrivés à la voiture, Igor ouvrit le coffre de sa voiture : “fais le monter dedans”.
Je prenais avec délicatesse les pattes avant de mon chien. Malgré tout ce que je lui avais fait subir, il continuait à me regarder avec cet amour si… canin ! Au moment où je levais ses pattes, Hugo poussa un gémissement de douleur. Aussitôt, je reposais ses pattes sur le sol. “Il ne peut pas monter, vous voyez bien qu’il a trop mal”. Igor, visiblement excédé, me poussa et donna des instructions en Russe. Les deux russes saisirent chacun une paire de pattes pour hisser Hugo dans la voiture.

1- C’est sans doute ma dernière possibilité de fuir. Fuir et récupérer la puce. Fuir et prévenir K. Fuir et sauver Hugo et Nastasia.

2- Si je me sauve maintenant, je risque de ne plus revoir vivant Nastasia et Hugo. Je dois retourner dans cet entrepôt et avec un peu de chance, nous sortirons tous trois indemnes de cette histoire.

Que dois-je faire ?

  • 1- Fuir pour sauver Hugo et Nastasia (50,0%, 17 Votes)
  • 2- Retourner à l'entrepôt pour sauver Hugo et Nastasia (50,0%, 17 Votes)

Nbre de votes: 34

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C’est mon petit doigt qui me l’a dit

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Une fois de plus, il fallait faire vite.
Une fois de plus, il fallait agir sous la contrainte.
Une fois de plus…

L’agent de Police me montrait à présent clairement du doigt. Il n’y avait aucun doute, j’étais bien le sujet de leur discussion.
“Dépêchez vous !” me chuchota dans le creux de l’oreille mon nouveau camarade avant de me tirer avec une douceur slave par le col. Avant d’avoir fait un mètre, le policier m’interpelait :
“Monsieur ! Où allez vous ?”. Une fois de plus, j’étais terrifié. Des souvenirs de polars ou de western jaillissaient dans ma petite tête. J’imaginais déjà le Russe sortir son flingue et tirer sur tous les képis. “Vas lui raconter ce que tu veux mais ne fais pas de bêtise, je te surveille. Tu ne voudrais pas que ta copine est un accident non ?”. Le message était clair. Limpide. Ne pas déconner.

“Je reviens Monsieur l’agent. Je me suis mal garé et cette personne, qui m’a vu entrer, m’a dit que je bouchais le passage. Je n’en ai que pour quelques minutes.
- Mais Monsieur… mon supérieur va vous recevoir”.

C’était maintenant ou jamais. Saisir l’occasion ou mourir. Présenté de la sorte, le choix paraissait simple. En réalité, c’était beaucoup plus risqué et dangereux. Compte tenu de l’agencement du hall, sortir l’enveloppe de la poche et la donner à l’agent ne poserait pas de soucis, le Russe étant positionné de telle sorte qu’il ne pouvait voir mes mains. Cependant, il fallait que l’échange avec le policier soit bref sinon j’allais éveiller les soupçons.

“Je vous assure que je reviens tout de suite. Ma voiture est neuve, je n’ai vraiment pas envie qu’on me la raye. Si votre boss arrive avant moi, vous n’avez qu’à lui remettre cette enveloppe. Elle contient l’objet que cherchait l’homme qui m’a interrogé tout à l’heure.
- quoi? ce petit truc à l’intérieur ?”. Cet abruti devait rêver de New York la nuit : il tenait fièrement au dessus de sa tête l’enveloppe et pinçait entre ses doigts la petite puce.
“Si j’étais vous, j’arrêterais ça tout de suite. Je ne sais pas ce que c’est mais votre collègue m’a bien mis en garde : c’est très fragile et doit être manipulé avec une extrême précaution. A mon avis, soit ça se casse très facilement, soit ça explose”.
Le ton calme que j’avais utilisé avec refroidi les ardeurs de mon apprenti Colombo. Immédiatement, il baissa son bras.
“Et surtout ne la perdez pas, je reviens !”. Je m’éloignais tandis que, d’un regard rempli de craintes et de doutes (ils ne seront donc jamais amis!), il continuait d’observer l’enveloppe…

J’essayais de trouver une réplique originale pour mon accompagnateur. La délicatesse avec laquelle il saisit mon col mit fin à ma créativité. “Dépêche toi connard!”. Outre le caractère grossier de cette phrase, le plus inquiétant était le ton employé : l’ambiance n’était vraiment pas à la franche déconnade.

Boulevard Sébastopol, une voiture nous attendait. Mon ami du métro était au volant. Nos retrouvailles ne furent marquées d’aucune effusion de joie. Ils eurent cependant la délicatesse de me faire assoir devant : “si tu essayes de descendre, saches pour ton information que tu as un pistolet pointé sur ton dos”.
Les règles étaient claires et il n’était absolument pas question de tricher.

La voiture prit la direction du Nord de Paris puis de je ne sais quelle petite ville de proche banlieue. Droite, gauche… gauche, droite… Après une série de croisements, la voiture entrait dans un hangar digne d’un polar américain. L’entrepos était vide. Au milieu, se trouvaient une voiture, des Russes et Nastasia. Pour la troisième fois de la journée, je la trouvais en sous vêtement : elle était menottée à une chaise, en larmes.
“Qu’est ce que vous lui avez fait ?
- Ta Gueule!”. Histoire de mieux se faire comprendre, mon interlocuteur crut bon d’associer à sa réplique une grosse claque derrière la nuque.
Il fallait positiver : en comparaison à ce qui m’attendait, cette claque était un vrai moment de douceur.

“Nastasia, ça va ?”. L’homme devait avoir un vocabulaire limité à deux mots. Après m’avoir répété Ta Gueule, il me jettait violemment à terre.
J’avais l’impression d’avoir les rotules incrustées dans le sol. Sans avoir le temps de me plaindre, l’un deux beugla un truc et aussitôt on me souleva. Celui qui m’avait jeté au sol quelques secondes plus tôt était en train de me fouiller. Sans doute, cherchait-il la puce. Puisqu’il ne la trouvait pas, il passa à la vitesse supérieure et commença à m’ôter mes affaires. Sans même avoir eu le temps de protester, je me retrouvais dans une situation fort gênante. Tel Roger Moore ou Sean Connery dans James Bond, je me trouvais entouré de gros méchants et devais sauver une belle fille… néanmoins, il y avait une différence entre eux et moi : les situations dans lesquelles ils se trouvaient dans leur film n’étaient jamais humiliantes, ce qui n’était plus mon cas ! J’étais face à Nastasia, torse nu, pantalon et caleçon au niveau des chaussettes… Bien sur, j’étais très fier de moi mais je ne voyais pas la même fierté dans le regard de Nastasia. Ceci dit, ma nudité n’était rien comparée à l’humiliation que je subissais puisqu’on était en train de vérifier que je n’avais pas caché la puce dans mon postérieur

L’homme qui désormais connaissait tout de mon intimité cria un truc qui devait vouloir dire “il n’a rien”.
“Où est la puce ?” hurla celui qui devait être le chef.
- la puce ? mais quelle puce ?
- où est le nichon que ton chien a volé ?
- le nichon ? quel nichon ?”.
Sans prévenir, sans dire “attention, je vais compter jusqu’à 3″, l’un d’eux saisit mon index et le brisa. Mon hurlement fût à la hauteur de ma douleur. Nastasia criait à son tour tandis que le salopard qui venait de me casser mon doigt me tenait pour éviter que je ne m’effondre.
“Il te reste 9 chances. Après on passera à autre chose. Où est le nichon ?”

1- La douleur était vraiment insoutenable. Je n’avais pas envie de perdre un autre doigt et je n’avais pas plus envie de savoir à quoi ils comptaient s’attaquer ensuite. “La puce est au commissariat ! Je l’ai laissé là bas”.

2- La douleur était violente, à la limite du soutenable. Mais au moins j’étais vivant. Nous étions vivant. Je devais gagner un maximum de temps pour pouvoir trouver comment nous sortir de là. “Mon chien a du laisser le nichon chez moi”.

3- Continuer de mentir. Nier en bloc. Tant qu’ils n’auront pas la puce, nous resterons en vie. “Mais puisque je vous dis que je n’en sais rien!”

Que dois-je faire ?

  • 1- La puce est au commissariat ! (15,0%, 7 Votes)
  • 2- Le nichon est resté chez moi ! (61,0%, 28 Votes)
  • 3- Mais de quoi vous parlez ? (26,0%, 12 Votes)

Nbre de votes: 46

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Une puce c’est chip

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Tout cela devait s’arrêter. Il fallait mettre un terme à cette course effrénée, arrêter de courir la peur au ventre. Mon ancienne vie laissée quelques heures plus tôt me manquait déjà terriblement ! Oui, je rêvais d’avoir à nouveau la vie de Monsieur tout le monde, oui je rêvais d’aller travailler en montant dans une rame de métro surchargée, parfumée de bonnes odeurs de transpiration… pour être plus honnête, je rêvais aussi d’aller travailler en taxi.
Les gens se plaignaient de la crise alors que finalement, vivre en période de crise n’était pas si difficile. Personne ne vous tirait dessus. Personne ne vous poursuivait.
Je voulais aussi pouvoir me plaindre à nouveau de la crise, des banquiers et du réchauffement climatique.
Cette histoire devait vraiment s’arrêter. Et en France, quand on veut solder un problème, on fait appel à la Police (et pas aux Hells Angels comme au Canada) !

De toute évidence, les problèmes actuels (les miens hein ! pas ceux de la crise) provenaient de la puce trouvée dans ce foutu nichon. Il ne faisait aucun doute que les Russes voulaient la récupérer et je supposais qu’il en était de même pour le gars de la Police tout de noir vêtu.
N’ayant aucune envie d’aller discuter une nouvelle fois avec mes amis d’ex URSS, je ne voyais pas d’autres issues que de me rendre au commissariat des Halles, là où j’avais laissé mon flic en noir, surnommé par mes soins “K” (rappel : pour ceux qui auraient raté l’explication).

“Je dois récupérer un objet chez une amie. Je n’en ai vraiment que pour une minute. Ensuite, nous irons tout raconter à la Police. Je pense qu’une équipe travaille déjà sur notre histoire. On leur racontera  tout, dans le moindre détail, et ensuite on file loin d’ici le temps que tout se calme. Tu es d’accord ?”

Son sourire valait toutes les réponses. On dit toujours que c’est dans l’adversité qu’on découvrait vraiment les personnes… de toute évidence, j’adorais ce que j’étais en train de découvrir.

Ma vieille voiture se faufilait sans trop de difficultés dans le trafic. L’appartement de Sandrine n’était vraiment pas loin. Quelques minutes après, je me mettais en double file en bas de son appartement, laissant à Nastasia les clés de la voiture pour qu’elle la puisse la déplacer si elle venait à gêner.

Après une ascension rapide de l’escalier, je tapais à la porte. C’est l’ami Philippe qui ouvrait, se contentant de me jeter un regard glacial… Aussi aimable qu’une porte de prison… Était-ce si terrible d’être aujourd’hui supporter de l’OM ?
“Bonjour Philippe, ravi moi aussi de te voir. Peux-tu appeler Sandrine s’il te plait ?
- Non, elle n’est pas là. Elle est à l’Aquaboulevard.”.
Merde ! Ça je ne l’avais pas prévu.
“Elle rentre bientôt ?
- Tu es de la Police ? Non, elle n’est pas prête d’arriver. Il y a eu une fusillade près du périphérique. Elle m’a téléphoné pour dire qu’elle allait rester un moment regarder la police scientifique travailler, puis elle m’a rappelé de l’Aqua, elle attendait encore un peu car un connard avait déclenché l’alarme incendie et elle voulait être certaine qu’il n’y ait pas le feu”.
Journée de merde !
“Je suis passé tout à l’heure lui laisser un objet. Elle ne t’aurait pas dit où elle l’aurait rangé ?”
De toute évidence, elle ne lui avait pas même dit que j’étais passé.
“Qu’est ce que tu racontes ? Si tu étais venu, elle me l’aurait dit ! T’as encore picolé ou tu es juste con ? Dégages d’ici, encuuuuuuuuuuuuuuulé!”. Mais combien ils mettent du “u” à Marseille ?
Craignant sans doute une surdité de ma part, Philippe a cru bon penser de joindre les gestes à la parole. Avec tendresse et amour, il me poussait sèchement en arrière.
Le geste était vraiment irritant. Bien sur, j’aurais pu lui raconter un gros pipeau mais sur l’instant, j’avais surtout envie de l’étrangler cet encuuuuuuuuuuuuuuulé !
Je devais me calmer et réfléchir. La priorité était la puce.
Ma réflexion fut brève, Philou, le coquinou, ayant décidé de me donner une nouvelle poussette.
Action. Réaction. A peine m’avait il poussé que je lui retournais une patate sous le menton. Et comme à la télé, sans avoir eu le temps de broncher, il s’étalait comme une meeeeeeeeeeeeeeeeerde… euh de tout son long je voulais dire.

Dépourvu de toute conscience, j’étais en train de me muer en une espèce de sauvage. Seul mon objectif m’intéressait. Laissant Philippe à même le sol, j’entrais dans l’appartement. Je devais trouver cette puce.
Cela ne devrait pas être trop difficile tant tout était admirablement bien rangé. La table était parfaitement lustrée. Le linge était plié. Tout était à sa place. Et la puce… n’était pas là! Où l’avait elle cachée ? L’appartement regorgeait de bibelots, albums photos et tableaux. Après avoir tout désossé, je commençais à être résigné. Sans doute l’avait-elle emportée avec elle. Et puis, tout d’un coup, la solution jaillit : la puce était là, sous mes yeux. Le lit était comme toujours parfaitement fait et seul un lapin était posé là, entre les deux oreillers.
Or cette peluche, je le connaissais très bien puisqu’elle avait animée bon nombre de nos soirées. Elle contenait en effet une ouverture dans son dos, ce qui nous permettait d’y introduire nos mains et de la transformer en marionnette, mais également d’y cacher tout un tas de choses pour ensuite mettre mal à l’aise Sandrine devant ses invités.

Bingo ! Elle était là. Sandrine l’avait glissé dans une enveloppe avant de la planquer dans son lapin. Une fois dans ma poche, je prenais la direction de la sortie. Alors que j’enjambais Philippe, un brin d’humanité refaisait surface en moi. Avant de partir et de fermer la porte, je lui glissais un oreiller sous la tête et me retenais de lui donner un bon coup de pied dans les cotes. Encu**************lé!

Nastasia et la voiture étaient toujours là. “Foutu autoradio ! Il ne marche pas, je n’ai pu écouter que les infos ! Et tu sais quoi ? Il n’y a pas un mot sur la fusillade”.
Rien d’anormal cependant, elle n’avait eu lieu qu’il y a quelques minutes. Ceci dit, à Paris, les informations circulent très vite et je n’aurais pas été surpris d’en entendre parler. La circulation était fluide, dans une dizaine de minutes, nous serons aux Halles. Il fallait en profiter pour discuter. “La fusillade ? Tu y étais ?
- oui ! Ce sont les gars qui t’attendaient chez toi qui ont tiré.
- mais cette fille, c’était qui ?”
Une nouvelle fois, Nastasia pleurait.
” Je ne sais pas. Ils me poursuivaient. Ils criaient que si je ne m’arrêtais pas… et puis, ils ont tiré. La fille venait vers moi. Elle s’est effondrée à mes pieds.”
Les larmes s’étaient transformées en sanglots. Elle prenait alors la casquette que je lui avais achetée un peu plus tôt et la posait sur son visage inondé. C’était à mon tour de la consoler. Tenant le volant d’une main, je l’enlassais de l’autre. Je n’en saurais pas plus.

Alors que nous approchions des quais, la circulation devenait vraiment dense. Trop pour se déplacer rapidement. A la première occasion, je garais la voiture et invitais Nastasia à terminer le trajet à pied. Dix minutes plus tard, nous étions au commissariat.

“Bonjour Monsieur l’Agent, je suis venu un peu plus tôt ici suite à une altercation. Avant de partir, j’ai été interrogé par l’un de vos collègues. Il n’était pas en uniforme mais portait un costume tout noir”. L’agent me prenait pour un fou et vu la lassitude qu’il exprimait, je ne devais pas être le premier qu’il voyait aujourd’hui.
“Un homme en costume noir ? Comme dans Men In Black ?
- tout juste ! Quoi qu’il n’avait pas de stylo pour effacer ma mémoire, enfin, je crois”. De toute évidence, il n’appréciait guère mon humour que je trouvais personnellement fameux !
“J’ai trouvé un objet qui pourrait servir son enquête et je souhaiterais lui remettre.
- Monsieur, comme vous le voyez, personne ne porte de costume noir ici.
- s’il vous plait. Je vous assure qu’il m’a interrogé ici même. Je ne pense pas qu’il travaille dans vos services. C’est aussi en rapport avec la fusillade qui vient d’avoir lieu dans le XVème ! Pouvez vous demander à un de vos supérieurs s’il vous plait, c’est vraiment important ?”.
Devant mon insistance, bien que ne croyant pas un traitre mot à mon récit, l’agent acceptait et s’éloignait de son comptoir.
Nastasia ne pleurait plus mais le sourire qu’elle arborait d’accoutumée avait laissé place à une grande tristesse. Je la regardais, impuissant.
“Je reviens. Je vais aux toilettes. Tu m’attends avant d’aller voir le policier hein ? Tu ne me laisses plus seule ?”.
Cette fois-ci, c’est mon sourire qui la rassurait. Elle fit demi-tour et s’éloigna.

Deux minutes plus tard, j’apercevais l’agent. Il était en train de discuter visiblement de moi, avec un collègue. Mais de quoi pouvaient-ils bien parler ?
Un homme posa sa main sur mon épaule. Il arborait un sourire de composition et me tendait une casquette, celle que Nastasia portait il y a un instant.

“Si vous voulez la revoir vivante, suivez moi”. Son accent ne laissait aucun doute. Il était Russe.

1- Je ne supporterais pas qu’on fasse du mal à Nastasia. Je dois les suivre. Ils n’en ont pas après nous. Ils veulent juste la puce. Je leur donne et ils nous laisseront en paix.

2- Je ne supporterais pas qu’on fasse du mal à Nastasia. Je dois les suivre. Mais si je leur donne la puce, c’est clair qu’ils vont nous tuer. Ils ont déjà tué une innocente en pleine rue, ils ne se gêneront pas avec nous. Avant de partir, il faut que j’arrive à déposer sur le comptoir de l’agent l’enveloppe contenant la puce.

3- Mais putain ! Je ne peux pas accepter d’être menacé dans un commissariat. Police ! Cet homme est armé et a kidnappé mon ami !

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Allo les pompiers ? c’est encore moi !

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Allez, hop ! Un petit coup sur la vitre et il n’y aurait plus qu’à attendre, bien caché, de voir Nastasia se sauver au milieu de la foule.
De toute évidence, il s’agissait d’une très mauvaise idée. L’alarme chantonna son hurlement mais la foule se limita à un vigile ! Quelques secondes après avoir cassé la vitre, un des responsables de la sécurité, talkie walkie à la main, se précipita sur le lieu de mes méfaits. Après avoir indiqué à ses collègues qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise plaisanterie, la sonnerie stoppa immédiatement.

“Merde, quel con!”. Je n’avais pas vu Nastasia et en plus j’avais les vigiles sur le dos. Ils devaient à coup sur être en train de visionner les enregistrements vidéos pour voir qui avait déclenché l’alarme.
En même temps, passer un message auprès de l’hôtesse était tout aussi con, Nastasia n’aurait jamais pu l’entendre si elle était dans le cinéma.

Peut être était-ce mieux d’ailleurs. Si Nastasia n’était pas avec moi, peut être serait-elle plus en sécurité. Résigné, je sortais de ma planque pour partir récupérer ma voiture et mon chien. Arrivé en bas des escalators, une surprise m’attendait : les Russes étaient en train de venir à ma rencontre. Sans même savoir s’ils m’avaient vu, paniqué, je remontais illico. Mon cœur battait si fort qu’il allait exploser. J’étais terrifié. Tétanisé.
Arrivé à l’étage, bien incapable de partir en courant, je ne savais plus quoi faire. Me cacher mais où ?
Quelques mètres derrière moi, les deux hommes arrivaient. Ils parlaient entre eux, en russe bien sur, et à voix haute ! Leur discussion semblait agité. De toute évidence, ils ne souhaitaient pas êtrediscret. Ils n’avaient donc pas du me voir. A moins qu’il ne s’agisse d’une énième feinte de l’ours ?

Je ne pouvais pas prendre le risque de rester là, immobile. Il fallait que je me protège et vite !
Le vigile ! Il était là, toujours au même endroit, dévisageant les clients pour essayer de trouver le coupable. Il fallait prendre le risque… “Monsieur ! Monsieur !… euh… je viens d’entendre une alarme. Est ce qu’il y a le feu ? Une bombe ?”. Tandis que les Russes passaient devant moi, en m’ignorant, l’agent de sécurité, sans même m’adresser un regard me rassurait en m’expliquant qu’ils s’agissaient de jeunes plaisantins… Le délit de sale gueule a décidément toujours autant la côte ! Mais pour une fois, je n’allais pas m’en plaindre…

Les Russes, après avoir jeté un bref regard en direction de la piscine, prenaient la direction des salles de cinéma. Ils devaient chercher Nastasia !
C’est quand tu veux pour une autre casquette… c’est quand tu veux pour une autre casquette… je t’attends au magasin”. Cette voix, c’était celle… de l’hôtesse ! Pas celle de Nastasia. Je pouvais d’ailleurs apercevoir le comptoir d’accueil et à l’exception de la personne qui venait de parler dans le micro, il n’y avait personne.

Les Russes n’avaient pas fait attention au message. Ils parlaient à une des ouvreuses et semblaient décrire ma poupée Russe .  Elle ne l’avait pas vu ou du moins ne voulait pas leur dire et multipliait les “non” avec sa tête.

Il fallait une nouvelle fois se dépêcher et profiter de cet instant. Abandonnant mes poursuivants à leur enquête, je descendais une nouvelle fois les escalators, direction le magasin de sport et le rayon des casquettes.
Au menu, j’y trouvais des grandes, des petites, des grosses, des minces… mais pas de Nastasia. Elle devait pourtant être là. Qui à part elle pouvait laisser un message aussi étrange ?
Elle devait sans doute se cacher dans le magasin. J’arpentais donc les différents rayons, repassant de nombreuses fois devant les casquettes. En vain.
Elle n’était pas là. A moins qu’elle ne soit cachée dans une cabine d’essayage. Tous les rideaux étaient tirés. Ne souhaitant pas m’attirer les foudres des autres clients en passant pour un gros pervers, je m’agenouillais feintant de faire mes lacets pour regarder sij’apercevais les chaussures que je lui avais acheté quelques minutes plus tôt. Bingo ! En une fraction de seconde, j’ouvrais le rideau, glissais ma tête en chucottant un “coucou”… et essuyais un cri strident : ce n’était pas Nastasia ! “Oh pardon Madame. Je vous ai pris pour ma femme. Excusez moi. Pardon.” Putain de journée de merde ! Après tout ce qui venait de m’arriver je venais d’entrer dans une cabine où se trouvait torse nu une grand mère de 70 ans ! Mais qu’ai je fait pour mériter cela ?
Les gens me regardaient totalement incrédules. Ils n’avaient pas besoin de parler : je leur faisais peur, j’étais un vilain vicieux…
“Allez mon cher mari, ça suffit de regarder dans les cabines”. Nastasia me pris par le coude et me tira en direction de la sortie. Elle portait une tenue complètement différente. “J’espère que tu as de quoi payer car je n’ai rien sur moi”. Sans dire un mot, je sortais ma carte de crédit et tendais les étiquettes que Nastasia venait d’arracher à ses vêtements. “Madame, je suis navrée mais je dois enlever le système de sécurité accroché à votre pantalon et votre sweat“. Impassible, Nastasia, au milieu des caisses, s’exécuta. C’était la seconde fois de la journée que je la voyais en petite culotte. Déjà, la première fois, c’était surprenant. Que dire de la seconde…

Deux minutes plus tard, nous marchions au milieu d’un attroupement de personnes restées regarder travailler la Police. Nastasia, qui n’avait pas dit un mot, se mit à pleurer. Sans rien lui demander, je la serrais fort dans mes bras avant de la faire monter dans la voiture.
Après une manoeuvre des plus osées et quelques mètres parcourus en marche arrière sur le trottoir, je pouvais faire demi-tour et partir d’ici.

Il fallait quitter Paris. Il fallait fuir d’ici, laisser loin derrière nous ces Russes et attendre que la Police règle tout ça.

1- “Nastasia, je dois récupérer un objet chez une amie. Sandrine n’habite pas très loin. Je n’en ai que pour quelques minutes.”

2- “J’ai du déposer Hugo dans une clinique vétérinaire. Sa plaie saignait vraiment beaucoup, j’ai cru qu’il allait mourir. On y sera dans quelques minutes. J’ai vraiment besoin de savoir comment il va”.

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Bouge de là !

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Bordel. Bordel. Bordel. “Tu vas bouger ton camion bordel ?”. La chance tournait. Tout le monde semblait se liguer contre nous. Tous les transporteurs de Paris avaient convenu de venir décharger leurs colis sur mon trajet. Prendre les petites rues n’avait sans doute pas été une idée si lumineuse.
Les minutes semblaient être des heures. Il me restait encore cinq cent mètres à parcourir et je continuais à me trainer dans le trafic. Malgré son pansement rouge sang, Hugo semblait se réveiller, ses pattes bougeaient du moins.
“Allez !!!”. Se défouler sur le klaxon ne me permettrait pas d’aller plus vite mais au moins j’évacuais une partie de mon stress. Sans oublier Nastasia… Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé.

Droite, gauche. Dès que je sentais qu’une rue allait être bouchée, j’en prenais une autre, regrettant immédiatement mon choix, la circulation n’étant jamais miraculeuse dans la rue d’à coté. Pire, j’avais par moment l’impression de faire des détours et de perdre un temps précieux.

Alors que je descendais la Rue de Lourmel, mon regard croisa un groupe de personne. Un homme en blouse blanche, un autre homme au visage familier et… mon vétérinaire ! « Putain mais qu’est ce qu’il fait là ? à moins que je n’ai rien compris à ce qu’il m’avait dit tout à l’heure ? ».

Les trois hommes étaient devant une clinique vétérinaire, en grande conversation. L’homme à la blouse blanche –un vétérinaire également je présume- semblait contrarié, effrayé même. Les deux autres lui parlaient tour à tour et il se contentait d’acquiescer avec la tête.

Je baissais ma fenêtre et hurlais « Hé ! Je suis là ! Mon chien saigne trop pour que je le porte. Dès que ce foutu camion arrêtera de bouger la rue, je le dépose ».  Les trois hommes me regardaient : l’homme à la blouse blanche m’ignorait, trop imprégné par sa conversation, mais les deux autres semblaient soudainement très embarrassés.

La personne que j’avais eue au téléphone quelques instants plus tôt dit quelque chose que je ne pouvais entendre. Cinq secondes plus tard, il arrivait en courant avec l’homme à la blouse blanche tandis que le troisième homme s’éloignait. « Vous avez bien fait de venir directement à la clinique. On ne pourra que mieux le soigner ici». J’ai bien fait ? Mais je n’ai pas fait exprès ? J’ai juste pris les petites rues. Et puis, il ne m’avait pas dit que son cabinet était éloigné ?

Tout en me parlant et sans que j’ai eu le temps de descendre, ils avaient pris avec une grande prudence mon chien.

“Allez vous garer, nous allons nous occuper de ses blessures

- Je dois récupérer une amie, je suis là dans quelques minutes”.

Tandis qu’Hugo s’éloignait, le camion avait libéré le passage. Je fonçais en direction de l’Aquaboulevard récupérer ma voisine. Cinq minutes plus tard, j’apercevais le périphérique. La circulation semblait complètement arrêtée. Des cris, des coups de klaxon à répétition. Tout était bouché.

Au diable la voiture. J’abandonnais mon véhicule à cheval sur le trottoir. De toute façon, jamais la fourrière ne s’aventurerait dans un tel bouchon. Alors que je courrais en direction de notre point de rencontre, j’apercevais des   gyrophares de pompiers et de la police. Il devait y avoir un accident ce qui expliquait la paralysie de la circulation. Une ambulance se faufilait dans le trafic avec grandes difficultés. Il y avait des flics vraiment partout. Les gens semblaient choqués par ce qui venait de se passer. « Mais merde, on n’est pas dans le Bronx tout de même » s’exclama une femme. « C’est dégueulasse ! Ce n’est qu’une gamine ! ».

Un corps était effectivement étendu sur le sol. Un drap le recouvrait.

« Vous vous rendez compte, tirer comme ça sur des gens dans la rue, en plein jour, c’est une honte ! ».

Des coups de feu ? Une gamine ? Nastasia !

Je regardais les pompiers soulever le corps.  La taille et la corpulence correspondaient à celles de Nastasia… mais également à celles de beaucoup de jeunes filles.  Et si c’était elle ? Non, ce n’était pas possible, elle ne pouvait être morte ! Mais dans ce cas, où était elle ?

Certaines personnes pleuraient. Les policiers, les pompiers, les passants. Tout le monde semblait choqué. Les gens se parlaient, se rassuraient.

Alors que les pompiers, assistés des ambulanciers, déposaient le corps dans l’ambulance, un bonheur irrationnel m’envahit : ce n’était pas pas elle ! La pauvre fille portait des talons aiguille ! Et Nastasia n’en portait pas au Parc et n’était pas censée en porter  puisque je lui avais acheté un complet jogging – tennis – casquette.

Mais alors où était-elle ? Alors que je parcourais les derniers mètres qui me séparaient de notre rendez vous, je regardais dans toutes les directions : je ne la voyais pas.  Sur mon petit papier, j’avais laissé pour instruction qu’en cas de problèmes, elle devait se cacher à l’intérieur de l’Aquaboulevard.

Malheureusement, je ne la trouvais pas à l’intérieur non plus. Il n’y avait donc que trois hypothèses. Soit elle s’était enfuie, soit elle se cachait dans les vestiaires pour femme, soit elle s’était réfugiée dans l’une des salles de cinéma. De ces trois hypothèses, la première était celle qui me déplaisait le plus. Si elle s’était enfuie, je ne pourrais surement pas la retrouver . Quant aux deux autres hypothèses, elles avaient le mérite de la mettre en sécurité mais l’inconvénient de m’empêcher de la récupérer : je n’allais pas aller dans les vestiaires pour femme ou allumer la lumière des différentes salles de cinéma. A moins que…

1- Je n’ai qu’à me diriger jusqu’au point d’accueil et indiquer à l’hôtesse qu’elle doit appeler Nastasia au micro. Je n’aurais qu’à inventer quelque chose de dramatique.  Seul problème, les Russes connaissent peut être son prénom. En même temps,  les Russes ne sont peut être pas là…

2- Je n’ai qu’à déclencher l’alarme incendie. Le Parc va être aussitôt évacué et cette évacuation concernera aussi bien les vestiaires que le cinéma. Je n’aurais qu’à rester dans le hall et entendre de voir si elle passe.

Que dois-je faire ?

  • 1- aller voir l'hotesse d'accueil (41,0%, 21 Votes)
  • 2- déclencher l'alarme incendie (59,0%, 30 Votes)

Nbre de votes: 51

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Chouchou, glaces, boissons fraiches !

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Le vendeur à la sauvette ne semblait rien comprendre à ce que je lui disais… jusqu’à ce que la moitié du billet n’atterrisse dans sa poche. “La jolie dame assise là bas ?” me demanda-t-il. Je n’eus à faire qu’un hochement de tête et il décampa sur le champs.
Pendant qu’il se rapprochait d’elle, je me mettais à couvert. L’arrivée soudaine de ce vendeur risquait d’éveiller la curiosité des surveillants de l’Est et je ne devais absolument pas être vu.

Installé à proximité de la sortie du parc, derrière un buisson, je regardais derrière mes jumelles les différents protagonistes de cette scène. D’un coté, les méchants, avec des têtes de gros méchants. D’un autre, la gentille, avec une tête de… non, il ne fallait surtout pas commencer à se disperser… avec une tête de gentille donc ! Et au milieu, un vendeur d’eau transportant de l’eau et un demi billet de 50 euros (rappel : si un banquier vous explique qu’avec un demi billet de 50 euros, vous pouvez obtenir un prêt pour acheter un appartement, ne le croyez pas ! Il s’agit soit d’un escroc, soit d’un banquier américain… qui a dit des deux à la fois ?).

Il restait encore quelques mètres à faire au vendeur mais déjà Nastasia lui indiquait qu’elle ne voulait rien. Mon messager bien évidemment s’en moquait ; cette insistance commerciale ne semblait pas non plus surprendre les deux Russes.
Il était à présent devant elle. Il lui parlait et elle semblait s’agacer, secouant ses deux mains et sa tête dans un rythme parfait. Et soudain, le drame arriva : mon vendeur tomba par terre, renversant ses petites bouteilles d’eau sur Nastasia. Il était de toute évidence meilleur comédien que commercial. Sa chute était si réaliste… d’ailleurs l’avait il fait exprès ?
Elle semblait désolée de ce qui venait d’arriver et l’aidait à présent à ramasser le stock d’eau. Elle était vraiment gentille…
Quelques mètres plus loin, les deux gars regardaient légèrement soucieux ce qui était en train de se passer sous leurs yeux… A leur place, j’aurais sans doute trouvé cela suspect… et à leur place, je n’aurais vu qu’une simple poignée de main en guise de remerciement. Une seconde plus tard, mon complice repartait avec ses bouteilles d’eau, non sans avoir déposé mon message dans la main de Nastasia.

Le vendeur se dirigea ensuite, comme je lui avais demandé, vers le Russe posté quelques mètres derrière elle. Cette fois ci, il insista plus lourdement jusqu’à profondément irriter son prospect. Rapidement, les refus devinrent insultes. Il était vraiment bon dans son rôle. Devant le vacarme, l’autre Russe arriva au secours de son collègue et poussa par terre le pauvre vendeur, tout en lui faisant signe de partir. Pendant ce temps, Nastasia avait eu tout loisir pour lire mes instructions incognito. Serait-elle d’accord ?

Pour la seconde fois en quelques secondes, le vendeur ramassait son stock, mais sans aide cette fois ci. Après avoir pris quelques mètres de sécurité, il se retourna pour insulter et dresser fièrement son majeur à ses agresseurs avant de partir, en direction de la sortie où je me cachais.

Nastasia était en train de digérer ce qu’elle venait de lire. Je venais de lui dire qu’elle était poursuivie mais surtout qu’elle allait devoir fuir. J’essayais d’imaginer  le chaos qu’il y aurait eu dans ma petite tête si, quelques années plus tôt, étudiant et insouciant, un inconnu m’avait donné ce mot.
Nastasia s’allongea dans l’herbe puis se releva. Elle faisait des abdos ! Deux séries de cinq. Tandis qu’elle s’allongeait sur le ventre, les Russes qui avaient pris de la distance pour essayer de se faire oublier, semblaient vraiment intrigués. Elle enchaîna sur une série de sept pompes. C’était le code : “Houra! Elle est d’accord”. C’était à mon tour de jouer.

Pendant qu’elle continuait sa gym, je quittais le parc. Le vendeur m’attendait derrière la murette. Je marchandais une petite bouteille d’eau contre la seconde moitié de billet puis je me dirigeais vers la station devélib située juste devant nous. Une minute plus tard, je déguerpissais sur ma monture.

900 mètres plus tard, je jetais mon vélo au sol. J’étais arrivé.
Direction le magasin de sport au rez de chaussée. Cinq minutes plus tard, je payais mes emplettes avec ma carte bleue et prenais la direction du Parc aquatique.
Vêtu de mon maillot neuf et d’un superbe bonnet de bain et après avoir mis en boule dans ma serviette mes autres achats, je me dirigeais vers la piscine et les toboggans aquatiques. Je m’installais sur un transat face à la sortie des vestiaires et déposais mes affaires. Je n’avais plus qu’à attendre.

Comme au Parc André Citroën un peu plus tôt, ce n’était pas non plus la grande foule. J’aurais bien sur préféré  qu’il en soit autrement mais je n’avais guère le choix et comme je n’avais pas eu de meilleures idées… Il nous faudra faire plus attention et surtout nous aurons besoin d’être chanceux, très chanceux.

Un bon quart d’heure plus tard, Nastasia entrait dans la piscine. Elle portait une culotte et un soutien gorge. Aucun doute possible : ce matin, en s’habillant, elle n’avait pas imaginé une seule seconde aller à la piscine. Dans une autre vie, j’aurais trouvé cette tenue tout à fait à mon goût. Là, elle était parfaitement scandaleuse. Il fallait faire vite car elle allait très vite se faire remarquer.
Personne ne semblait la suivre. Pour l’instant du moins. Sans doute étaient ils en train de se changer. D’un petit hochement de tête, elle me fit comprendre qu’elle m’avait vu.
A l’autre bout de la piscine, et un étage plus haut, il y avait du changement. Un des Russes essayait de voir au travers des vitres mises à la disposition des badauds. Avant qu’il ne regarde dans ma direction, j’abandonnais le transat, ma serviette et fonçais au vestiaire. Il fallait que je me dépêche.

A nouveau en tenue de civil, je ressortais le plus normalement possible. Je ne devais pas paniquer et me faire remarquer. Je n’avais pas vu le moindre visage suspect dans les vestiaires et je n’en voyais pas non plus dans les couloirs.
La chance semblait décidément de mon coté : mon vélib était toujours là, personne ne me l’avait volé ! Je devais encore me dépêcher. Nastasia avait déjà du récupérer les affaires que je lui avais acheté et que j’avais caché dans la serviette. Dans quelques minutes, elle serait dehors, méconnaissable, portant un ensemble survêtement - casquette du plus mauvais goût.

Quelques minutes plus tard, j’arrivais à la voiture. Merde Hugo !
Dans l’action, je l’avais complètement oublié. Son pansement saignait énormément. Il respirait encore mais pour combien de temps. D’une main, je tournais le volant, de l’autre, après avoir saisi la carte de visite du vétérinaire, je tapais son numéro de téléphone :
“Bonjour Monsieur, vous m’avez donné votre carte de visite tout à l’heure, la blessure de mon chien a empiré.
- Vous êtes toujours dans le quartier ?
- Oui !
- Très bien, venez chez moi. J’habite au croisement de la rue Balard et de l’avenue Félix Faure. Je vous attends en bas de chez moi, vous ne pourrez pas vous tromper.
- Merci beaucoup, j’arrive tout de suite”.

Si le plan s’était bien déroulé, Nastasia avait récupéré sa nouvelle tenue et ne devait pas tarder à sortir de l’Aquaboulevard. Elle était peut être déjà en train de m’attendre. Pendant ce temps, Hugo continuait à se vider de son sang et le vétérinaire m’attendait en bas de chez lui, à quelques centaines de mètres de l’aquaboulevard.

1- Hugo saigne vraiment trop et saigne surtout par ma faute. Je le dépose en vitesse à ce vétérinaire et je fonce récupérer Nastasia.

2- Je dois aller la récupérer sur le champs au risque de perdre Hugo.

Que dois-je faire ?

  • 1- D'abord le chien (64,0%, 34 Votes)
  • 2- D'abord la fille (36,0%, 19 Votes)

Nbre de votes: 53

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