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Le Blog Dont Vous Êtes Le Héros s'inspire des livres dont vous êtes le héros. Un début d'histoire va vous être proposé mais c'est vous qui allez écrire la suite ! Chaque jour, une nouvelle étape. A la fin, vous devrez voter pour la solution qui vous semble la plus opportune, comme si vous étiez le héros de l'histoire. Dès le lendemain, l'histoire continuera selon la volonté de la majorité des votants.

Les Règles...

    1- Une seule et unique mise à jour par jour.
    2- La majorité des votes décide de la suite de l'histoire.
    3- En cas d'égalité, je décide de la suite tout seul.
    4- Les commentaires peuvent influencer l'histoire.

Archive: Chapitre 4

Oh mon bateau !

Merci d'être revenu(e)!

Précédemment dans “Si j’aurais…” L’air sur le pont était frais. J’avais du dormir plus longtemps que je ne le pensais : le soleil était déjà en train de se lever et le bateau approchait de San Antonio.
J’avais déjà eu froid durant la nuit, j’avais envie de chaleur : à chercher Nastasia, autant commencer par l’intérieur.
Les traverses étaient désertes. Les camionneurs, qui avaient pris des cabines, devaient toujours être en train de dormir, au chaud, sous leur grosse couverture. Le personnel était également aux abonnés absents. Il n’y avait pas âme qui vive.
Alors que j’allais entrer dans le bar, un bruit attira mon attention. On aurait dit Hugo, un aboiement d’Hugo.
A ma droite, se trouvait la porte des toilettes. Conscient du ridicule de la situation, j’entrouvrais la porte des femmes et passais la tête : “Nastasia ? Hugo ?”. Pas de réponses.
Un nouvel aboiement survint. Dans mon dos cette fois. Il venait des toilettes pour hommes. Encore plus surpris, j’ouvrais la porte, me demandant ce que pouvait bien faire là Nastasia.
“Hugo ! Mais…”.
Hugo était là, seul, attaché par sa laisse à une poignée de porte. Il secouait sa queue et jappait de bonne humeur. “Nastasia ? Tu es là ?”.
Toujours pas de réponses.

Alors que je m’approchais de mon chien pour le détacher, je constatais que toutes les portes étaient ouvertes. Nous étions seuls dans les toilettes. Mais où était donc passée Nastasia ?

L’espace d’un instant, j’hésitais à demander à mon chien s’il savait où elle était allée. Au cinéma, ça marchait toujours. Malheureusement, j’étais dans la vraie vie, et IRL mon chien flairait l’urine déversée un peu partout autour des pissotières, marchait dedans pour finalement me sauter dessus et me lécher : “con de chien putain !”.

Je partais donc à la recherche de la belle russe, avec mon chien, et des traces de pisse sur la veste. Le bar était quasi désert. Une serveuse rangeait des verres. Sur les fauteuils, deux jeunes terminaient leur nuit en position fœtale. Toujours pas de Nastasia. Elle devait être dehors.
Je sortais par la première porte. Le contraste était saisissant : alors que le soleil se levait sur l’ile d’Ibiza, de l’autre coté du bateau, là où je me trouvais, plein Ouest, la nuit était encore bien noire. Arrivé au bout du bateau, il me restait encore l’autre coté à parcourir ainsi que l’étage supérieur. Après tout, Nastasia pouvait être n’importe où.
Alors que je remontais en direction du bar mais “coté ile” cette fois, je pouvais apercevoir un hélicoptère arriver en notre direction. L’image me faisait penser à Apocalypse Now : un hélicoptère noir (ou vert foncé) avec en fond un soleil levant rouge vif. L’hélicoptère semblait ralentir au fur et à mesure qu’il se rapprochait du bateau. Rapidement, mon impression ne laissait plus aucun doute : l’hélicoptère s’immobilisait au dessus du pont principal.

Un mélange de curiosité et de crainte me poussait à me rendre à l’arrière du bateau pour avoir une meilleure vue sur l’hélico. Quand j’arrivais, la curiosité laissait place à la terreur. Cette fois-ci, le cinéma rejoignait la réalité : des hommes en tenues militaires, armes dans le dos, descendaient le long de filins : ils étaient 2 puis 3… 5 en tout. Cela ne pouvait être un hasard ! Je devais retrouver Nastasia et vite.
Faisant le pari qu’elle ne se trouvait pas à l’intérieur, je gravissais les escaliers pour me retrouver à l’étage intermédiaire, juste en dessous des nouveaux arrivants et leurs mitraillettes.
Je parcourais la première longueur en un rien de temps, tirant Hugo dans une course dont je craignais de connaître les règles : fuir ou mourir.
Pas de Nastasia. Au bout, une barrière m’interdisait d’aller plus loin. J’entrais donc à l’intérieur, traversais le bateau et ressortais de l’autre coté pour tenter de la trouver avant les autres.

Pendant ce temps, le bateau s’approchait du port et commençait ses manœuvres. Il fallait faire vite ! Arrivé à l’autre extrémité du bateau, hors d’haleine, la voix d’un homme attirait mon attention. La voix en elle-même ne me disait rien, par contre, ce qu’il disait m’interpeler : il parlait Russe ! Ou plutôt il criait en Russe. Il essayait de couvrir le bruit des machines, il devait parler dans un téléphone et un talkie. Sa voix venait du pont inférieur, juste en dessous. J’avais beau me pencher, je n’arrivais pas à le voir.

Un étrange pressentiment me submerger : et s’il retenait Nastasia ?
Je descendais les marches une par une, baissé, espérant voir quelque chose dans l’espacement des marches. Arrivé à mi-étage, ce que je vis me terrifia : l’homme tenait dans une main un téléphone, dans l’autre un pistolet, braqué vers Nastasia. Il était passablement énervé et criait dans un téléphone dans lequel vraisemblablement il n’entendait rien. Elle était terrifiée et regardait dans le vide. Ni l’un ni l’autre ne m’avait vu. Je regardais un peu partout, espérant trouver un objet ou simplement une idée pour la libérer. Hormis une bouée de sauvetage, je ne voyais rien. Pire, je ne pensais à rien. Putain, c’est dur de ne pas être un héros…

Hugo ne partageait ni mon sens de la tactique, ni mon sens de la peur. Après quelques secondes passé immobile sur les escaliers, il dévalait les marches et arrivé en bas voyait Nastasia. Avant que l’homme n’ait pu réagir, Hugo courait sur Nastasia pour lui faire la fête. Surpris, l’homme remis son téléphone dans la poche et hurla en Russe quelque chose à Nastasia. Elle s’exécuta et attrapa la laisse du chien. Il lui hurla autre chose. Nastasia hésitait. L’homme hurla une nouvelle fois et leva son arme à hauteur de la tête de ma petite russe. Elle pleurait à présent. Encore.

“Montre-toi ! Si tu ne viens pas, il va me tuer”. C’était donc ça qu’il lui avait dit. Dis lui de descendre ou je te tue. Je restais là, figé, une nouvelle fois incapable de réfléchir.
L’homme cria une nouvelle fois. Cette fois-ci, c’était à moi qu’il s’adressait. Je devais descendre, je devais me rendre sinon…

“Attendez ! Je suis là”. Sans trop savoir pourquoi, je levais les mains au ciel et descendais les marches. Tremblant de tout mon corps, je m’avançais. Il braquait à présent son pistolet sur moi. Il donna de nouvelles instructions à Nastasia qui prit la parole : “donnes lui la puce et il nous laissera partir”. La puce ? C’était Nastasia qui l’avait ! Pourquoi elle ne lui avait pas donné ?
“Mais…” ma voix tremblée. Je sentais que j’allais dire une connerie… “Mais, je ne l’ai pas”. Alors que je secouais ma tête, l’homme cria de plus belle. Il secouait nerveusement son arme. Je ne comprenais rien à ce qu’il disait mais je sentais qu’il allait tirer. Sur qui, je n’en savais rien, mais il allait tirer.

Pan ! Pan ! Pan !
3 coups de feu partirent en une fraction de seconde.

Par réflexe, je portais mes mains sur mon ventre. Je n’avais rien. Nastasia non plus. Le Russe me regardait fixement puis il s’effondra.
“C’est bon, nous avons récupéré le paquet”. Derrière moi, arrivaient les hommes armés descendus quelques minutes plus tôt de l’hélicoptère. Le premier, après avoir rangé son talkie, m’interpelait : “suivez nous. Dépêchez vous, nous n’avons que quelques minutes”. Sans même attendre ma réponse, l’homme me poussait en direction de Nastasia. Deux hommes récupéraient le corps inerte et l’emportaient. Un homme ouvrait le passage et deux autres fermaient le convoi. Nous étions au milieu, incrédule.

Un escalier descendu. Puis deux. Puis une coursive. Un autre escalier. Nous étions à présent au niveau des voitures et des camions.
Les hommes nous poussèrent derrière une remorque. Personne ne bougea jusqu’à l’ouverture de la porte. Si tôt les portes ouvertes, une sirène de police se fit entendre. Sans doute le signal. Les hommes nous soulevèrent brutalement. Un instant plus tard, nous étions tous à l’intérieur du véhicule de police : un chauffeur, cinq hommes armés, un cadavre, un chien et nous.

Mon voisin enleva rapidement sa cagoule. C’était l’un des hommes qui étaient sur la moto à Barcelone : “je vous avais dit qu’on voulait juste discuter avec vous, vous auriez du nous écouter”. Il arborait un grand sourire.
Moins d’un kilomètre plus tard, le véhicule entrait dans un grand hangar. La porte se refermait juste après notre arrivée. A peine descendus, un visage familier se présentait : K !

“Bonjour ! Comment allez-vous ?”. Il me tendait la main.
“Détendez vous. On va vous apporter quelque chose de chaud à boire et ensuite, je répondrais à toutes vos questions. Mais avant tout, une chose : pourquoi l’impoli qui refuse de descendre de la voiture voulait vous tuer ?”. Il parlait bien évidemment du Russe.

1- Je n’en sais fichtre rien !

2- Parce qu’il voulait récupérer la puce que je vous ai laissée au commissariat et que vous devez avoir récupéré depuis.

3- Parce qu’il voulait récupérer la puce que Nastasia a dans sa poche.

4- Parce qu’on a assisté au meurtre d’un de vos collègues.

5- Parce qu’on a assisté au meurtre de votre collègue qui avait dérobé la puce que je vous avais laissé au commissariat.

6- Parce qu’on a assisté au meutre de votre collègue qui avait dérobé la puce que je vous avais laissé au commissariat. Heureusement, nous avons pu la récupérer.

Que dois-je faire ?

  • 1- Je n'en sais fichtre rien ! (11,0%, 4 Votes)
  • 2- Il voulait la puce que je vous ai donné (11,0%, 4 Votes)
  • 3- Il voulait la puce que Nastasia a dans sa poche (8,0%, 3 Votes)
  • 4- On l'avait vu tuer un de vos collègues (11,0%, 4 Votes)
  • 5- On l'a vu tuer votre collègue qui a volé la puce (32,0%, 12 Votes)
  • 6- On l'a vu tuer votre collègue qui a volé la puce mais que Nastasia a récupéré (27,0%, 10 Votes)

Nbre de votes: 37

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Forca Barca

Attention : c’est le week end, il y a deux votes.

Précédemment dans “Si j’aurais…”

La porte de l’ascenseur se refermait.
Fuir. Toujours fuir.
“Qu’est ce qu’on fait ?”.
C’est la première fois que je sentais autant de nervosité dans la voix de Nastasia. “On va prendre l’escalier de service puis on sort par derrière et on s’éclipse”. Pour la première fois, je saisissais sa main et la tirait vers la porte située au bout du couloir.
“Une fois dehors, on file droit à la voiture et on dit au revoir à Barcelone. Ça te va ?”. Pas la peine d’attendre sa réponse, il fallait une nouvelle fois faire très vite.
Je dévalais les escaliers deux par deux, la valise dans une main, Nastasia au bout de l’autre. Il ne restait plus qu’un étage.
“Attends ! Qu’est ce qu’on fait si on est séparé ?”. Elle avait raison. Il fallait retenir les erreurs du passé. Je ne connaissais quasiment rien àBarcelone . Je n’étais jamais venu. Nastasia non plus. Je ne connaissais que le nom du Stade de Football, quelques noms de boites de nuit… un restaurant : “Si on doit se séparer, on se rejoint au Rey de la Gamba ! C’est vers le port, c’est super connu”. Ce restaurant était un pèlerinage indispensable selon mes amis. “Tiens, mets en dans tes poches, autant qu’on en ait tous les deux”. Je donnais à Nastasia quelques centaines d’euros qui les glissait dans ses poches. J’en faisais de même. Je n’avais jamais eu autant d’argent liquide sur moi. Il n’y avait pas que des mauvais cotés dans la vie de fuyard.

L’escalier se terminait sur un couloir désert : personne. Nous nous engouffrions dedans. A son extrémité, deux portes. L’une était la sortie de secours. Un panneau indiquait qu’il ne fallait l’utiliser qu’en cas d’incendie et qu’une alarme se déclencherait en cas d’ouverture.
J’entrouvais l’autre porte. Elle donnait dans le hall de l’hotel. Il y a avait peu de monde à la réception. Un couple était assis au coin salon et lisait des journaux. Sur les deux hommes en noir, je ne pouvais plus en voir qu’un. Il était debout, appuyé sur une colonne près de la sortie. Sous son apparente décontraction, il surveillait les portes de l’ascenseur. J’ignorais où était l’autre. Avant d’être vu, je refermais la porte.

“Un mec est posté à l’entrée. L’autre n’est plus là. Si on prend la sortie de secours, l’alarme se déclenchera. Si on sort par l’autre porte, on se fera cueillir. Et si on ne sort pas, ils ne mettront pas longtemps à comprendre qu’on a pris l’escalier
- Attends, j’ai une idée”.

Dans la minute qui suivait, l’alarme de la porte de secours se déclenchait. Quelques secondes plus tard, un homme descendait en courant les escaliers. Il criait dans un téléphone ou dans untalkie : “ils sont sortis par derrière. Ils ont pris l’escalier de service. Je répète : ils sont sortis par derrière”. L’instant d’après, l’homme posté dans le hall sortait en courant par la porte encore ouverte, bientôt suivi par son compère.

Les deux hommes sortis, Nastasia me tirait la main. “Vite ! Ils peuvent revenir”. Après avoir ouvert la porte, Nastasia était venue en courant se cacher à coté de nous, sous l’escalier. Hugo était resté sagement allongé à mes pieds,surement heureux de pouvoir se reposer.
Le plan était ingénieux, le hall était désormais vide. Tout juste dehors, un taxi s’arrêtait : “Al puerto por favor”. Le chauffeur démarrait et prenait la première à gauche. Je n’imaginais pas le port dans ce sens : il était en train de faire le tour dubatiment !

Les men in black étaient chacun d’un coté du troittoir. Il était trop tard pour faire quoi que ce soit. Le taxi passait et les deux hommes nous regardèrent impuissants. Ils nous avaient vu. Mais nous étions dans une voiture. Pas eux.
Leur réaction fut toutefois surprenante. Au lieu d’essayer de rattraper la voiture dans le trafic, ils partirent en courant, dans la direction opposée.

La voiture avançait à une allure tout à faire respectable. La plupart des feux étaient verts. Tout allait bien. Pourtant, dans le taxi, la tension était palpable. Nos mains étaient serrées. Nous ne disons pas un mot. Sur les trottoirs, dans les voitures, les drapeaux aux couleurs duBarça étaient de sortie. Il y allait avoir un match dans quelques heures.

Au fur et à mesure qu’on approchait du port, la circulation devenait de plus en plus difficile. La rue longeait les ramblas et l’on pouvait deviner au loin Christophe Colomb. Un dernier feu, un rond point et enfin le port.

Le feu passa au vert. Les voitures de devant tardaient à démarrer. Alors que le chauffeur engageait sa voiture, quelqu’un tapait à la vitre : les hommes en noir !Cheuvauchant une moto, le conducteur tapait à notre vitre tandis que son passager nous faisait signe de nous arrêter.
“Puta mierda” hurla le chauffeur.
Celui qui était à l’arrière de la moto enleva son casque : “descendez, on veut juste vous parler !”.
Et mon cul c’est du poulet

Nous ne pouvions plus aller directement au parking, recupérer notre voiture. Il fallait les semer auparavant. Les semer. Mais comment ? Comment peut-on semer deux hommes sur une moto quand on doit trimballer un chien ! La réponse surgit dans les chants d’un passant. Le stade. Se fondre dans la masse et disparaître. “Al Camp Nou por favor !
- Si señor”.

Le taxi s’engageait sur une grosse artère. La circulation était dense mais extrêmement fluide. Des motos nous dépassaient par la droite, par la gauche. En comparaison, le périphérique parisien était un havre de paix. Les hommes en noir nous suivaient et restaient bien derrière nous.

Aux abords du stade, la circulation devenaient franchement compliquée. La moto restait derrière, sans essayer de nous dépasser. Ils attendaient sans doute que nous sortions du véhicule pour nous intercepter.
“Aquì ! Esta bien”. Je faisais signe au chaffeur de nous faire descendre à coté d’un camion de Mossos, la douce et tendre Police Catalane. Je donnais 50 euros et sans attendre la monnaie, j’aidais Hugo et Nastasia à descendre.
La moto s’arrêtait à notre niveau : “arrêtez de fuir, nous voulons juste vous poser quelques questions. Notre chef veut vous rencontrer”. Avant le temps d’avoir refusé cette invitation, un policier s’approchait et la moto démarrait en trombe.
Mon plan avait à nouveau fonctionné. Une centaine de mètres plus loin, le deux roues s’immobilisait et les deux hommes descendait.

Mélé dans la foule, nous avions l’impression de passer inaperçus. Au milieu de milliers de supporters, nous prenions la direction du célèbre stade. Je ne cessais de me retourner. Je ne les voyais pas.
Au croisement d’une rue, un taxi déchargeait des supporters. C’était maintenant au jamais. Dès la dernière personne sortie, je m’engouffrais à l’intérieur :
“Al puerto…
- pas de chien dans taxi por favor”.
Un billet de cent euros venait de rendre la voiture Dog Friendly.

Comme la ville entière semblait venir au stade, la circulation dans le sens inverse était aisée. Notre rue était déserte et moins de dix minutes plus tard, nous descendions à destination.
Notre parking était situé le long d’un quai sur lequel était amarré un ferry. Des véhicules embarquaient dessus. “Et si on montait dans ce bateau ?” proposa Nastasia.
Après tout, pourquoi pas ! Personne ne viendra nous chercher sur un rafiot.

Ainsi, munis de deux billets, nous montions à bord d’un bateau en partance pour… Ibiza !

A bord, munis des deux billets que je venais d’acheter, une hôtesse nous expliquait, dans un anglais douteux, qu’on pouvait déposer notre valise dans une pièce qui resterait fermée tout au long de la traversée.

1- “Non merci, je la garde avec moi”.

2- Très bonne idée. On met la valise dedans et au moins on n’a pas à s’en préoccuper.

3- Très bonne idée. On va mettre la puce dedans, les billets et le petit morceau d’électronique y seront en sécurité”.

Que dois-je faire ?

  • 1- Non, merci. (69,0%, 24 Votes)
  • 2- Oui, avec grand plaisir. (23,0%, 8 Votes)
  • 3- Oui mais avant je planque la puce à l'intérieur. (9,0%, 3 Votes)

Nbre de votes: 35

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Le bateau était principalement peuplé de routiers qui amenaient leur cargaison sur l’ile. La saison touristique était terminée et à part quelques jeunes dans un état d’ébriété avancé, la salle où nous allions passé la nuit sur des sièges inclinables était déserte.

Il n’y avait qu’une porte pour accéder au bateau et aucun de nos poursuivants n’étaient montés. Le bateau largua les amares. Nous les avions semé.

La mer était calme. Rapidement, le soleil se couchait, et mes paupières en firent de même. Cette tension me terrassait.
Le froid me réveilla. La climatisation soufflait son air glacial directement sur mon visage. Hugo et Nastasia n’était plus là.

1- Ils devaient avoir envie de prendre l’air. Ils finiront bien par revenir.

2- Nastasia a peut être le mal de mer. Je vais aller la chercher.

3- Hum, étrange… trop de choses étranges… je vais être prudent : je vais me planquer dans un des canots de sauvetage suspendus et regarder ce qui se passe.

Que dois-je faire ?

  • 1- Attendre ! (13,0%, 5 Votes)
  • 2- Aller la rejoindre ! (47,0%, 18 Votes)
  • 3- Me planquer et surveiller. (39,0%, 15 Votes)

Nbre de votes: 38

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Una cerveza por favor

Précédemment dans “Si j’aurais…”

La peur. L’excitation. La route. Sa langue. Cocktail efficace pour ouvrir l’appétit. J’étais affamé.
Le port de Barcelone est situé en plein centre ville, aux pieds de Christophe. Un parking sous-terrain gardait notre voiture à l’abri des curieux : la réputation voulait qu’à Barcelone laisser une belle voiture en pleine rue était une invitation à l’emprunter.
J’étais donc affamé.
Nastasia et Hugo étaient eux aussi partants pour une bonne bouffe locale : du gras et du jambon ! Alors qu’en bon touriste, je prenais la direction des ramblas, Nastasia proposait d’aller voir la Sagrada Familia.
Consensuel, tel François, et après consultation d’un plan, je proposais une solution “au milieu” : remonter les ramblas pour prendre ensuite un bus pour la Sagrada Familia.

C’était notre première visite de la capitale de la Catalogne. La vie était bien différente de Paris. La météo tout d’abord : printanière voire pré-estivale. Les gens : arborant toute sorte de tenue, ils parlaient, souriaient… on se sentait éloigné des parisiens en costumes et tailleurs, le visage fermé, pressés d’arriver à leur bureau. Mais le plus étonnant était sans aucun doute cette unité autour d’une chose : le FC Barcelone ! On aurait dit que tout le monde ne parlait que de ça, que la ville vivait pour son équipe. Pourtant, ça sonnait relativement mal : “Barcelone est magique!”.

Bref, la ville m’enchantait : culturellement, sportivement et bientôt gastronomiquement.

La Sagrada Familia était la destination prisée de tous les touristes de la ville : américains et japonais se bousculaient pour photographier la façade tumultueuse de la célèbre église.
La Sagrada Familia devait être également la destination prisée de tous les pick pockets de la ville : tout le monde était absorbé par le spectacle, le regard bien haut pour chercher le détail que personne n’avait encore vu. Enfin, si l’un d’entre eux volait notre valise, il partirait également avec ma main tellement je serrais fort la poignée.

Après avoir fait le tour de l’église et expliqué une bonne dizaine de fois à Nastasia que j’allais m’effondrer si je n’engloutissais pas rapidement un bon kilo de pata negra, nous finîmes par trouver un restaurant acceptant les chiens.

Une heure plus tard, nous en sortions le ventre plein et la tête embrumée par une bouteille de rouge et un café noyé dans du rhum offert par le sympathique patron.
“On se trouve un hôtel ? On pose la valise, on prend quelques centaines d’euros et on va faire du shopping. Ca te va ?
- Affirmatif mon capitaine !”.
Sa main dans la mienne, Nastasia avança la première.

Après avoir demandé des renseignements à un policier puis à un chauffeur de taxi, nous avons fini par trouver une sublime hôtel, à deux pas de la Place Catalogne, véritable centre névralgique de la ville, acceptant les chiens. Tout était à proximité : les grandes artères de la ville, les principales lignes de métro. Même la mer n’était pas trop loin.
Nastasia s’adressa à l’hôtelier dans un anglais parfait. Mon angliche n’était pas aussi bon qu’elle, loin de là même, pourtant, j’avais bien compris ce qu’elle avait dit : elle n’avait demandé qu’une seule chambre ! J’ai souvent rencontré des femmes tordues, pensant même à une certaine période de ma vie que cela était un gène porté par chacune d’entre elles. Mais je ne pouvais imaginer que Nastasia était suffisamment tordue pour ne prendre qu’une seule chambre et me repousser ensuite. Mon cœur battait la chamade.

Un homme s’approcha. Il avait la clé de notre chambre et souhaitait porter ma valise. Avec mon plus beau sourire, je lui indiquais que je souhaitais la porter moi même. Pour tout dire, je n’en avais rien à foutre de la valise, je ne pensais qu’à une chose : ce qui allait se passer une fois la porte de la chambre refermée.

Le groom appela l’ascenseur.
Nastasia me souriait. Quand les portes s’ouvrirent, elle prit à nouveau ma main. Nous étions dans l’ascenseur en route pour… Alors que les portes allaient se refermer, mon sang ne fit qu’un tour : deux hommes en noir, de ceux qui étaient l’autre jour chez mon ex, venaient d’entrer dans le hall de l’immeuble.

“Merde ! On est suivi ! Je ne crois pas que ce soit une simple coïncidence. Deux des hommes qui étaient chez mon ex l’autre jour viennent de rentrer dans l’hôtel”.

1- Dès que le groom est parti, on prend l’escalier de service et on se sauve pas derrière. Ok ?

2- Quoi qu’on fasse, ils vont nous retrouver. Redescendons dans le hall d’hôtel. On les apostrophe et on voit ce qu’is vont nous dire. Au moins, au milieu de tout le monde, on ne risquera rien.

3- On ferme la porte à clé et on appelle la police.

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Te encanta mi coche?

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Louer une voiture avec un crédit quasi illimité.

Je n’y avais jamais pensé jusqu’alors mais j’allais sans aucun doute me régaler : une bonne grosse bagnole, avec plein de gadgets dedans, le tout aux frais de la princesse… enfin, de je ne sais quel argent sale volé aux russes. Pour assouvir mes pulsions consuméristes, il me fallait trouver une bonne grosse enseigne de location de voiture : “excusez moi Madame, je cherche à louer une voiture ?
- euh… ben… vous pouvez louer un vélo juste là… par contre une voiture…
- je vous remercie”.
Ma question l’avait gêné. Heureusement que je ne lui avais pas demandé l’adresse d’un sex shop !
La quatrième personne interrogée finit par me conseiller de me rendre à la gare sans plus de conviction. De toute évidence, ici, personne ne louait de voiture !

Enfin, même si elle manquait de savoir vivre, cette personne avait vu juste : dès notre arrivée au Centre du Monde, je trouvais de quoi me faire plaisir. Un bon quart d’heure plus tard, après avoir laissé un pourboire à cent euros au commercial qui avait gentillement et quasi spontanément accepté que je laisse une caution en liquide, je faisais monter Nastasia à bord de notre berline. Tout ce que je pouvais imaginer était là. Il ne manquait qu’Internet et une tireuse à bières.

“J’ai demandé la route à une personne de la gare…
- pfffff… mais on a un GPS !
- blaireau ! J’ai donc demandé à une personne la route la plus sympa. Et bien Tristan, c’était son petit nom, nous a conseillé la côte rocheuse, une balade superbe m’a-t-il garanti ! On fait les touristes ?”.

Pas besoin de répondre. La côte rocheuse avait une signification évidente pour moi : des virages ! J’allais pouvoir faire mumuse avec mon jouet à quatre roues. Alors que nous n’avions fait que quelques mètres, un homme profite du feu rouge pour m’interpeler : “Excusez moi Monsieur. Je pars à Font Romeu aujourd’hui. Ce ne serait pas votre route par hasard ?

- Désolé m’sieur ! J’amène ma poule à Barcelone”… toujours plein de tact et de finesse, je donnais une bonne claque sur la cuisse de Nastasia et démarrais sur le champ.

En voyant les panneaux indiquant les sorties “Argeles sur Mer”, j’eus une pensée pour mon ex, qui était à quelques kilomètres de moi, en train de faire je ne sais quoi avec mon remplaçant dans l’appartement qu’elle avait louée.
Collioure. Les paysages devenaient superbes. Les montagnes d’un coté, la Méditerranée de l’autre, le tout agrémenté d’une terrible musique.
La chanson se terminait quand les hostilités débutèrent. Virages en épingle. Descentes. Montées. Tous les ingrédients pour me faire plaisir étaient réunis. Tous les ingrédients pour faire gueuler Nastasia étaient également réunis : au bout de quelques kilomètres, de simulations de vomis et de menaces en tout genre, j’étais contraint à prendre un train de sénateur. Comment dit-on “frustration” en espagnol ?

Frontière espagnole. Enfin, frontière catalane diraient certains. Pas un chat ni un douanier à l’horizon. Dans le doute, je ralentis encore un peu.
Les virages effectuaient leur retour. J’utilisais tous les subterfuges en mon pouvoir : une musique des plus tranquilles et… Go go go ! Freinage, accélération violente, crissements de pneus et… sirène de police.

“Putain, t’es vraiment trop con !”. Elle avait raison. La seule valise que nous avions était remplie de billets peut être volés, ou tout du moins d’une origine plus que douteuse.
La voiture de police, un 4×4, avait son gyrophare allumé. Je n’avais plus qu’à me ranger et attendre le policier.
“Holà
- bonjour… holà monsieur l’agent
- vous roulez grande vitesse. Dangereux ! Donnez vos papiers”. Armé de mon visage le plus désolé possible je tendais ma carte d’identité. Nastasia fouillait frénétiquement ses poches : “Merde, les russes ont gardé mon passeport” chuchota-t-elle. “Je n’ai pas de papiers”.
Le policier ne semblait pas s’en préoccuper. Après avoir étudié ma carte, il commençait à s’intéresser à la voiture. Il faisait le tour, vérifiant l’extérieur et l’intérieur.
“Sortez et ouvrez la valise”. Merde, merde, merde ! Je lançais un regard en direction de Nastasia, espérant qu’elle ait une solution. Le policier montrait son impatience en donnant deux petits coups sur ma vitre. J’ouvrais la portière le plus lentement possible afin d’essayer de trouver une idée salvatrice. Nastasia fût plus rapide.
“Monsieur l’agent, il s’agit de mes petites culottes“. Le fonctionnaire ne comprenait pas ou du moins ne voulait pas comprendre. “Nous sommes en lune de miel. Nous allons passé la prochaine nuit à Barcelone”. Tandis qu’il s’agaçait de nous voir gagner du temps, Nastasia faisait le tour du véhicule. “Lune de miel, culottes, vous comprenez ?”. Devant la fermeté affichée par l’agent, Nastasia illustra son propos : elle saisit ma tête par mes cheveux et me tira contre elle, collant ses lèvres sur les miennes et sa langue au fond de ma bouche. Trois ou quatre bonnes secondes plus tard, elle me relâchait. “Lune de miel”. Le message était passé. Le policier me rendait ma carte d’identité tout en me disant de respecter la vitesse autorisée… ce que je fis jusqu’à Barcelone.

Je ne saurais dire si mes mains tremblaient de la peur que j’avais ressenti au moment où je m’apprêtais à ouvrir la valise ou si cela provenait de ce fougueux baiser.
“Tu embrasses drôlement bien tu sais
- Je devais me montrer convaincante
- Tu veux dire que tu as fait ça comme une actrice ?”. En guise de réponse, Nastasia ne m’adressa qu’un terrible clin d’oeil, aussi coquin que mystérieux.

Le reste du trajet fut des plus calmes. Aucune folie sur la route. Aucune folie non plus à l’intérieur de la voiture. Nastasia avait dormi le gros du trajet et j’étais pour ma part trop pris par mes réflexions : ai-je ou non une touche ?

Nous avions récupéré l’autoroute à environ 60km de Barcelone. Des panneaux nous indiquaient différentes destinations. Il fallait en choisir une.

1- L’aéroport. Là bas, on pourra laisser la voiture et éventuellement faire croire à nos éventuels poursuivants que nous avons pris un avion.

2- Le port. Là bas, on pourra laisser la voiture et éventuellement faire croire à nos éventuels poursuivants que nous avons pris un bateau. Avantage non négligeable : nous serons en plus en plein centre ville, idéal pour se promener.

3- Paris est loin, très loin. Personne ne nous poursuit. On va se prendre un superbe hôtel et garer la voiture dans le parking.

Que dois-je faire ?

  • 1- On laisse la voiture à l'aéroport (18,0%, 12 Votes)
  • 2- On laisse la voiture au port, en centre-ville (57,0%, 38 Votes)
  • 3- On va à l'hotêl... (25,0%, 17 Votes)

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Viva España

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Nastasia s’arrêta à la première aire d’autoroute.
La nuit était plus que fraiche : un vent puissant, mêlé de pluie, fouettait mon visage. En cette fin d’octobre, l’hiver semblait déjà là.
“Je dois aller faire une petite pause pipi. Tu veux un café ou quelque chose de chaud ?
- Je veux bien une bouteille d’eau, merci”. La trentaine et Sarko étaient passés par là. En pleine nuit, perdu au milieu de nulle part, je demandais une bouteille d’eau… Ah la la… Et pourquoi pas un coca zéro tant que j’y suis…

Ma bouteille d’eau minérale en main, Nastasia et Hugo allongés l’un sur l’autre à l’arrière, j’étais prêt à dévorer les kilomètres.
Millau et son viaduc. Béziers. Narbonne.
Un détail cependant me chiffonnait : la voiture dans laquelle nous étions ne nous appartenait pas et n’appartenait sans doute pas à ceux à qui on l’avait emprunté. Il n’était donc pas très malin de passer la frontière avec.

Un panneau indiquait la proximité d’une nouvelle aire d’autoroute. La frontière était à moins d’une centaine de kilomètres.  Je m’arrêtais pour réfléchir, peser le pour et le contre… et finalement pour m’endormir.

L’odeur du café chaud me réveilla. Nastasia, à qui on avait du sculpter un sourire, était assise à mes cotés. Elle était allée nous acheter un petit déjeuner à la station. Elle s’amusait de me voir dans mon demi-sommeil.
“Les gens parlent drôlement bien français pour des barcelonais” me lança-t-elle amusée.
- hum… il fallait que je réfléchisse…”. Nouveau rituel de trentenaire : j’allumais l’autoradio pour pouvoir prendre mon petit déjeuner avec les informations. Le journaliste évoquait la crise, divers faits divers sordides, les relations extra conjugales d’un people… à moins qu’il ne s’agisse d’un homme politique… ou des deux… bref, un peu tout mais pas un mot sur notre fusillade.
“Tu as vu, c’est étrange : une vingtaine de types se tirent dessus, un policier se fait assassiner, et le journaliste n’en parle pas !
- Peut être qu’ils n’ont pas encore trouvé le corps ?”.
Cette hypothèse n’était bien sur pas à exclure mais mon petit doigt m’indiquait qu’il devait y avoir une autre raison.
“Tout ça est vraiment bien étrange tout de même. Toute cette histoire ! Tu savais qu’un ami avait payé la clinique vétérinaire ? Or, je n’ai dit à personne que j’avais amené Hugo là bas ! Enfin, maintenant qu’ils ont la puce, j’espère qu’ils vont nous foutre la paix.
- La puce ? Celle là ?”. Nastasia fouillait la poche de son jean pour en sortir la source de tous nos ennuis : “Je l’ai prise sur la table juste après que tu m’aies détachée ! Alors, c’est qui la plus forte ?”.

D’un coté, avoir la puce en notre possession était la garantie d’avoir une dose infinie d’emmerdes. De l’autre, la puce pourrait nous permettre d’éventuellement troquer notre sécurité contre ce petit concentré d’électronique.
Alors que j’étais détendu depuis que nous étions hier soir sur le périphérique, je me remettais immédiatement en “mode parano”. Un petit coup dans le rétroviseur. Plusieurs voitures étaient garées loin derrière, avec des personnes à leur bord, surement en train de petit déjeuner tout comme nous.

Sans dire un mot, je démarrais.
“Mais attends, tu n’as pas pris de pain au chocolat !
- On n’a plus le temps. Nous devons être prudents. Il faut nous débarrasser de cette voiture”.
Nastasia avait compris que la puce était à l’origine de ma nervosité.
“Je ne t’en veux pas. Tu as surement très bien fait de la voler, elle pourra sans aucun doute nous être utile”. Remarque inutile : elle faisait la gueule.

Arrivés à Perpignan, je sortais de l’autoroute et suivais les panneaux indiquant le centre ville. J’entrais dans le premier parking souterrain que je voyais.

“Nastasia, je crois avoir un plan : on va laisser la voiture ici. Nous sommes au niveau -3. Je ne suis pas ingénieur en télécom mais à cette profondeur, si la voiture a un mouchard, il ne pourra pas émettre. Nos éventuels poursuivants mettront donc un certain temps avant de nous retrouver. Et maintenant :

1- on loue une voiture et on file en Espagne. On paie en liquide et dans deux heures on mangera du Serano.

2- on va à la gare et on prend le premier train pour Barcelone. On paie en liquide. Par contre, il faudra feinter le contrôleur, je n’ai pas le moindre papier pour Hugo.

3- on se planque dans un café et on surveille l’entrée du parking histoire de vérifier si on est ou non suivi.

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Car j’étais sur la route…

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Les Road Movies.
Je ne saurais pas expliquer pourquoi mais j’ai toujours adoré ces films. La route. L’aventure. Les emmerdes. Adolescent, j’en rêvais souvent, m’imaginant être comme ces acteurs sur la Route 66. Une quinzaine d’années plus tard, j’avais tout pour être comblé : une bagnole volée, une belle nénette au volant… malheureusement, en réalité, un road movie est beaucoup moins sexy.

On avait quitté l’entrepôt à toute vitesse. Dans la précipitation, on avait manqué d’écraser un clochard qui avait eu le malheur de s’allonger derrière la mauvaise poubelle… la poubelle que Nastasia avait malencontreusement renversé en ratant son virage. Un peu plus et nous étions bons pour le devis assurance auto.
Puis, on avait visité à notre grand désespoir de bien mauvais quartiers : alors que je criais “à droite”, Nastasia braquait à gauche, et inversement. L’avantage de cette technique de navigation était qu’on n’était pas prêt de nous retrouver.

Quarante cinq minutes plus tard (soit le temps de prendre / marquer 3 buts), nous étions sur le périphérique. Nastasia zigzaguait entre les files, aussi agile qu’un poisson dans l’eau. Je pouvais enfin me détendre. Un panneau indiquait “Porte Maillot”. L’instant d’après je dormais.

Une chaleur suave me réveilla. Quelque chose de chaud parcourait mon visage. Chaud et humide. C’était une langue… Nasta… “Putain Hugo !”. Mon chien était allongé à mes cotés et alors qu’il léchait ses pattes, il en profitait pour terminer la course de sa langue sur mon front. Nastasia, toujours au volant, rigolait : “Je l’ai fait sortir quand on est arrivé sur l’autoroute. Tu savais que tu ronflais plus fort que lui ?”. Elle rigolait à nouveau.
Il faisait nuit noire. “On a roulé longtemps ? On est où ?
- On a du faire 600 kilomètres ! On est quelque part entre Clermont Ferrand et Millau.
- Hein ? Mais où allons-nous ?
- Je ne sais pas. Que dirais-tu de Barcelone ?”.
L’idée paraissait de prime abord saugrenue. Mais après tout, mieux valait ça à un couteau russe planté dans le ventre.

J’avais du dormir cinq bonnes heures. J’étais encore à moitié assoupi. Un énième coup de langue de mon chien me décida à me relever. Nastasia avait transformé le siège passager en table de pique nique : canettes de coca, chips, sandwiches. Un détail attirait cependant mon attention : au milieu de ce bordel anarcho-alimentaire se trouvaient des billets de 100 euros, jetés en boule.
“Tu as gagné au loto ou quoi ?
- Non, j’ai braqué une station d’autoroute”.
Quoi ! A peine nous étions sortis d’une emmerde qu’elle nous replongeait dans une autre. J’étais blême. Être poursuivi par des russes était certes désagréable mais moralement acceptable : après tout, je n’avais rien fait de mal. Mais être poursuivi par la Police pour un braquage était beaucoup moins justifiable tant auprès de ma conscience qu’auprès d’un jury populaire…
“Rassures toi, je n’ai tué personne. Dès que j’ai tiré dans le pied du pompiste, tout le monde s’est couché à terre et j’ai pu piquer la caisse. Et puis, c’est bien fait pour ce con, avec ses grands airs, on aurait dit qu’il se prenait pour le Président.
- Quoi ? Mais putain, tu es folle ? Qu’est ce qui t’a pris ?
- Ben on n’avait plus d’essence. Et comme tu dormais si bien, je n’ai pas voulu te déranger pour prendre ta carte bleue”.
Par chance, mes bras étaient solidement attachés à mes épaules et ne pouvaient pas tomber plus bas.
“Mais… enfin…”. Nastasia me jetait des regards coquins dans le rétroviseur et commençait à rigoler. “Ce n’est vraiment pas drole tu sais”. Son sourire se transforma en fou rire. “Ce n’est pas drôle tu sais, on va aller en prison”. Elle continuait à rigoler.
“Allez, détends toi ! Je n’ai pas braqué une station. L’argent vient d’une valise qui était dans le coffre, sous ton chien. Au petit déj, tu es plutôt caviar ou foie gras ?”. Elle riait à nouveau.
Si j’avais été honnête, j’aurais pu lui dire que j’avais surtout envie de chocolat, mais je n’avais pas envie de faire mon vieux con.

Deux personnes et un chien. Une étudiante pyromane, un divorcé misogyne et un clébard percé de part en part par une balle : quelle équipe de choc ! Et histoire de pimenter le tout, une valise pleine de billet piquée à des assassins… Mais il faut toujours positiver : ça pourrait être pire !

“Je commence à être fatiguée. Tu veux me relayer ou tu préfères qu’on cherche un petit motel pour terminer la nuit ?”.

1- “Je me suis bien reposé. Viens dormir à l’arrière, quand tu ouvriras les yeux, nous serons à Barcelone”.

2- “J’ai encore sommeil. Je crois qu’il serait préférable de dormir encore un peu. D’ailleurs, par mesure de sécurité et pour ne pas attirer les soupçons de l’hôtelier, je crois que nous ne devrions prendre qu’une seule chambre”.

3- “Tu as de la chance d’être avec un gentleman comme moi. Un goujat aurait déjà essayé de profiter de l’occasion… On va trouver une chambre. Pendant que tu profiteras d’un lit propre, je resterais dans la voiture avec Hugo”.

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