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Les Règles...

    1- Une seule et unique mise à jour par jour.
    2- La majorité des votes décide de la suite de l'histoire.
    3- En cas d'égalité, je décide de la suite tout seul.
    4- Les commentaires peuvent influencer l'histoire.

Archive: Si j'aurais...

Forca Barca

Merci d'être revenu(e)!

Attention : c’est le week end, il y a deux votes.

Précédemment dans “Si j’aurais…”

La porte de l’ascenseur se refermait.
Fuir. Toujours fuir.
“Qu’est ce qu’on fait ?”.
C’est la première fois que je sentais autant de nervosité dans la voix de Nastasia. “On va prendre l’escalier de service puis on sort par derrière et on s’éclipse”. Pour la première fois, je saisissais sa main et la tirait vers la porte située au bout du couloir.
“Une fois dehors, on file droit à la voiture et on dit au revoir à Barcelone. Ça te va ?”. Pas la peine d’attendre sa réponse, il fallait une nouvelle fois faire très vite.
Je dévalais les escaliers deux par deux, la valise dans une main, Nastasia au bout de l’autre. Il ne restait plus qu’un étage.
“Attends ! Qu’est ce qu’on fait si on est séparé ?”. Elle avait raison. Il fallait retenir les erreurs du passé. Je ne connaissais quasiment rien àBarcelone . Je n’étais jamais venu. Nastasia non plus. Je ne connaissais que le nom du Stade de Football, quelques noms de boites de nuit… un restaurant : “Si on doit se séparer, on se rejoint au Rey de la Gamba ! C’est vers le port, c’est super connu”. Ce restaurant était un pèlerinage indispensable selon mes amis. “Tiens, mets en dans tes poches, autant qu’on en ait tous les deux”. Je donnais à Nastasia quelques centaines d’euros qui les glissait dans ses poches. J’en faisais de même. Je n’avais jamais eu autant d’argent liquide sur moi. Il n’y avait pas que des mauvais cotés dans la vie de fuyard.

L’escalier se terminait sur un couloir désert : personne. Nous nous engouffrions dedans. A son extrémité, deux portes. L’une était la sortie de secours. Un panneau indiquait qu’il ne fallait l’utiliser qu’en cas d’incendie et qu’une alarme se déclencherait en cas d’ouverture.
J’entrouvais l’autre porte. Elle donnait dans le hall de l’hotel. Il y a avait peu de monde à la réception. Un couple était assis au coin salon et lisait des journaux. Sur les deux hommes en noir, je ne pouvais plus en voir qu’un. Il était debout, appuyé sur une colonne près de la sortie. Sous son apparente décontraction, il surveillait les portes de l’ascenseur. J’ignorais où était l’autre. Avant d’être vu, je refermais la porte.

“Un mec est posté à l’entrée. L’autre n’est plus là. Si on prend la sortie de secours, l’alarme se déclenchera. Si on sort par l’autre porte, on se fera cueillir. Et si on ne sort pas, ils ne mettront pas longtemps à comprendre qu’on a pris l’escalier
- Attends, j’ai une idée”.

Dans la minute qui suivait, l’alarme de la porte de secours se déclenchait. Quelques secondes plus tard, un homme descendait en courant les escaliers. Il criait dans un téléphone ou dans untalkie : “ils sont sortis par derrière. Ils ont pris l’escalier de service. Je répète : ils sont sortis par derrière”. L’instant d’après, l’homme posté dans le hall sortait en courant par la porte encore ouverte, bientôt suivi par son compère.

Les deux hommes sortis, Nastasia me tirait la main. “Vite ! Ils peuvent revenir”. Après avoir ouvert la porte, Nastasia était venue en courant se cacher à coté de nous, sous l’escalier. Hugo était resté sagement allongé à mes pieds,surement heureux de pouvoir se reposer.
Le plan était ingénieux, le hall était désormais vide. Tout juste dehors, un taxi s’arrêtait : “Al puerto por favor”. Le chauffeur démarrait et prenait la première à gauche. Je n’imaginais pas le port dans ce sens : il était en train de faire le tour dubatiment !

Les men in black étaient chacun d’un coté du troittoir. Il était trop tard pour faire quoi que ce soit. Le taxi passait et les deux hommes nous regardèrent impuissants. Ils nous avaient vu. Mais nous étions dans une voiture. Pas eux.
Leur réaction fut toutefois surprenante. Au lieu d’essayer de rattraper la voiture dans le trafic, ils partirent en courant, dans la direction opposée.

La voiture avançait à une allure tout à faire respectable. La plupart des feux étaient verts. Tout allait bien. Pourtant, dans le taxi, la tension était palpable. Nos mains étaient serrées. Nous ne disons pas un mot. Sur les trottoirs, dans les voitures, les drapeaux aux couleurs duBarça étaient de sortie. Il y allait avoir un match dans quelques heures.

Au fur et à mesure qu’on approchait du port, la circulation devenait de plus en plus difficile. La rue longeait les ramblas et l’on pouvait deviner au loin Christophe Colomb. Un dernier feu, un rond point et enfin le port.

Le feu passa au vert. Les voitures de devant tardaient à démarrer. Alors que le chauffeur engageait sa voiture, quelqu’un tapait à la vitre : les hommes en noir !Cheuvauchant une moto, le conducteur tapait à notre vitre tandis que son passager nous faisait signe de nous arrêter.
“Puta mierda” hurla le chauffeur.
Celui qui était à l’arrière de la moto enleva son casque : “descendez, on veut juste vous parler !”.
Et mon cul c’est du poulet

Nous ne pouvions plus aller directement au parking, recupérer notre voiture. Il fallait les semer auparavant. Les semer. Mais comment ? Comment peut-on semer deux hommes sur une moto quand on doit trimballer un chien ! La réponse surgit dans les chants d’un passant. Le stade. Se fondre dans la masse et disparaître. “Al Camp Nou por favor !
- Si señor”.

Le taxi s’engageait sur une grosse artère. La circulation était dense mais extrêmement fluide. Des motos nous dépassaient par la droite, par la gauche. En comparaison, le périphérique parisien était un havre de paix. Les hommes en noir nous suivaient et restaient bien derrière nous.

Aux abords du stade, la circulation devenaient franchement compliquée. La moto restait derrière, sans essayer de nous dépasser. Ils attendaient sans doute que nous sortions du véhicule pour nous intercepter.
“Aquì ! Esta bien”. Je faisais signe au chaffeur de nous faire descendre à coté d’un camion de Mossos, la douce et tendre Police Catalane. Je donnais 50 euros et sans attendre la monnaie, j’aidais Hugo et Nastasia à descendre.
La moto s’arrêtait à notre niveau : “arrêtez de fuir, nous voulons juste vous poser quelques questions. Notre chef veut vous rencontrer”. Avant le temps d’avoir refusé cette invitation, un policier s’approchait et la moto démarrait en trombe.
Mon plan avait à nouveau fonctionné. Une centaine de mètres plus loin, le deux roues s’immobilisait et les deux hommes descendait.

Mélé dans la foule, nous avions l’impression de passer inaperçus. Au milieu de milliers de supporters, nous prenions la direction du célèbre stade. Je ne cessais de me retourner. Je ne les voyais pas.
Au croisement d’une rue, un taxi déchargeait des supporters. C’était maintenant au jamais. Dès la dernière personne sortie, je m’engouffrais à l’intérieur :
“Al puerto…
- pas de chien dans taxi por favor”.
Un billet de cent euros venait de rendre la voiture Dog Friendly.

Comme la ville entière semblait venir au stade, la circulation dans le sens inverse était aisée. Notre rue était déserte et moins de dix minutes plus tard, nous descendions à destination.
Notre parking était situé le long d’un quai sur lequel était amarré un ferry. Des véhicules embarquaient dessus. “Et si on montait dans ce bateau ?” proposa Nastasia.
Après tout, pourquoi pas ! Personne ne viendra nous chercher sur un rafiot.

Ainsi, munis de deux billets, nous montions à bord d’un bateau en partance pour… Ibiza !

A bord, munis des deux billets que je venais d’acheter, une hôtesse nous expliquait, dans un anglais douteux, qu’on pouvait déposer notre valise dans une pièce qui resterait fermée tout au long de la traversée.

1- “Non merci, je la garde avec moi”.

2- Très bonne idée. On met la valise dedans et au moins on n’a pas à s’en préoccuper.

3- Très bonne idée. On va mettre la puce dedans, les billets et le petit morceau d’électronique y seront en sécurité”.

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Le bateau était principalement peuplé de routiers qui amenaient leur cargaison sur l’ile. La saison touristique était terminée et à part quelques jeunes dans un état d’ébriété avancé, la salle où nous allions passé la nuit sur des sièges inclinables était déserte.

Il n’y avait qu’une porte pour accéder au bateau et aucun de nos poursuivants n’étaient montés. Le bateau largua les amares. Nous les avions semé.

La mer était calme. Rapidement, le soleil se couchait, et mes paupières en firent de même. Cette tension me terrassait.
Le froid me réveilla. La climatisation soufflait son air glacial directement sur mon visage. Hugo et Nastasia n’était plus là.

1- Ils devaient avoir envie de prendre l’air. Ils finiront bien par revenir.

2- Nastasia a peut être le mal de mer. Je vais aller la chercher.

3- Hum, étrange… trop de choses étranges… je vais être prudent : je vais me planquer dans un des canots de sauvetage suspendus et regarder ce qui se passe.

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Una cerveza por favor

Précédemment dans “Si j’aurais…”

La peur. L’excitation. La route. Sa langue. Cocktail efficace pour ouvrir l’appétit. J’étais affamé.
Le port de Barcelone est situé en plein centre ville, aux pieds de Christophe. Un parking sous-terrain gardait notre voiture à l’abri des curieux : la réputation voulait qu’à Barcelone laisser une belle voiture en pleine rue était une invitation à l’emprunter.
J’étais donc affamé.
Nastasia et Hugo étaient eux aussi partants pour une bonne bouffe locale : du gras et du jambon ! Alors qu’en bon touriste, je prenais la direction des ramblas, Nastasia proposait d’aller voir la Sagrada Familia.
Consensuel, tel François, et après consultation d’un plan, je proposais une solution “au milieu” : remonter les ramblas pour prendre ensuite un bus pour la Sagrada Familia.

C’était notre première visite de la capitale de la Catalogne. La vie était bien différente de Paris. La météo tout d’abord : printanière voire pré-estivale. Les gens : arborant toute sorte de tenue, ils parlaient, souriaient… on se sentait éloigné des parisiens en costumes et tailleurs, le visage fermé, pressés d’arriver à leur bureau. Mais le plus étonnant était sans aucun doute cette unité autour d’une chose : le FC Barcelone ! On aurait dit que tout le monde ne parlait que de ça, que la ville vivait pour son équipe. Pourtant, ça sonnait relativement mal : “Barcelone est magique!”.

Bref, la ville m’enchantait : culturellement, sportivement et bientôt gastronomiquement.

La Sagrada Familia était la destination prisée de tous les touristes de la ville : américains et japonais se bousculaient pour photographier la façade tumultueuse de la célèbre église.
La Sagrada Familia devait être également la destination prisée de tous les pick pockets de la ville : tout le monde était absorbé par le spectacle, le regard bien haut pour chercher le détail que personne n’avait encore vu. Enfin, si l’un d’entre eux volait notre valise, il partirait également avec ma main tellement je serrais fort la poignée.

Après avoir fait le tour de l’église et expliqué une bonne dizaine de fois à Nastasia que j’allais m’effondrer si je n’engloutissais pas rapidement un bon kilo de pata negra, nous finîmes par trouver un restaurant acceptant les chiens.

Une heure plus tard, nous en sortions le ventre plein et la tête embrumée par une bouteille de rouge et un café noyé dans du rhum offert par le sympathique patron.
“On se trouve un hôtel ? On pose la valise, on prend quelques centaines d’euros et on va faire du shopping. Ca te va ?
- Affirmatif mon capitaine !”.
Sa main dans la mienne, Nastasia avança la première.

Après avoir demandé des renseignements à un policier puis à un chauffeur de taxi, nous avons fini par trouver une sublime hôtel, à deux pas de la Place Catalogne, véritable centre névralgique de la ville, acceptant les chiens. Tout était à proximité : les grandes artères de la ville, les principales lignes de métro. Même la mer n’était pas trop loin.
Nastasia s’adressa à l’hôtelier dans un anglais parfait. Mon angliche n’était pas aussi bon qu’elle, loin de là même, pourtant, j’avais bien compris ce qu’elle avait dit : elle n’avait demandé qu’une seule chambre ! J’ai souvent rencontré des femmes tordues, pensant même à une certaine période de ma vie que cela était un gène porté par chacune d’entre elles. Mais je ne pouvais imaginer que Nastasia était suffisamment tordue pour ne prendre qu’une seule chambre et me repousser ensuite. Mon cœur battait la chamade.

Un homme s’approcha. Il avait la clé de notre chambre et souhaitait porter ma valise. Avec mon plus beau sourire, je lui indiquais que je souhaitais la porter moi même. Pour tout dire, je n’en avais rien à foutre de la valise, je ne pensais qu’à une chose : ce qui allait se passer une fois la porte de la chambre refermée.

Le groom appela l’ascenseur.
Nastasia me souriait. Quand les portes s’ouvrirent, elle prit à nouveau ma main. Nous étions dans l’ascenseur en route pour… Alors que les portes allaient se refermer, mon sang ne fit qu’un tour : deux hommes en noir, de ceux qui étaient l’autre jour chez mon ex, venaient d’entrer dans le hall de l’immeuble.

“Merde ! On est suivi ! Je ne crois pas que ce soit une simple coïncidence. Deux des hommes qui étaient chez mon ex l’autre jour viennent de rentrer dans l’hôtel”.

1- Dès que le groom est parti, on prend l’escalier de service et on se sauve pas derrière. Ok ?

2- Quoi qu’on fasse, ils vont nous retrouver. Redescendons dans le hall d’hôtel. On les apostrophe et on voit ce qu’is vont nous dire. Au moins, au milieu de tout le monde, on ne risquera rien.

3- On ferme la porte à clé et on appelle la police.

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Te encanta mi coche?

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Louer une voiture avec un crédit quasi illimité.

Je n’y avais jamais pensé jusqu’alors mais j’allais sans aucun doute me régaler : une bonne grosse bagnole, avec plein de gadgets dedans, le tout aux frais de la princesse… enfin, de je ne sais quel argent sale volé aux russes. Pour assouvir mes pulsions consuméristes, il me fallait trouver une bonne grosse enseigne de location de voiture : “excusez moi Madame, je cherche à louer une voiture ?
- euh… ben… vous pouvez louer un vélo juste là… par contre une voiture…
- je vous remercie”.
Ma question l’avait gêné. Heureusement que je ne lui avais pas demandé l’adresse d’un sex shop !
La quatrième personne interrogée finit par me conseiller de me rendre à la gare sans plus de conviction. De toute évidence, ici, personne ne louait de voiture !

Enfin, même si elle manquait de savoir vivre, cette personne avait vu juste : dès notre arrivée au Centre du Monde, je trouvais de quoi me faire plaisir. Un bon quart d’heure plus tard, après avoir laissé un pourboire à cent euros au commercial qui avait gentillement et quasi spontanément accepté que je laisse une caution en liquide, je faisais monter Nastasia à bord de notre berline. Tout ce que je pouvais imaginer était là. Il ne manquait qu’Internet et une tireuse à bières.

“J’ai demandé la route à une personne de la gare…
- pfffff… mais on a un GPS !
- blaireau ! J’ai donc demandé à une personne la route la plus sympa. Et bien Tristan, c’était son petit nom, nous a conseillé la côte rocheuse, une balade superbe m’a-t-il garanti ! On fait les touristes ?”.

Pas besoin de répondre. La côte rocheuse avait une signification évidente pour moi : des virages ! J’allais pouvoir faire mumuse avec mon jouet à quatre roues. Alors que nous n’avions fait que quelques mètres, un homme profite du feu rouge pour m’interpeler : “Excusez moi Monsieur. Je pars à Font Romeu aujourd’hui. Ce ne serait pas votre route par hasard ?

- Désolé m’sieur ! J’amène ma poule à Barcelone”… toujours plein de tact et de finesse, je donnais une bonne claque sur la cuisse de Nastasia et démarrais sur le champ.

En voyant les panneaux indiquant les sorties “Argeles sur Mer”, j’eus une pensée pour mon ex, qui était à quelques kilomètres de moi, en train de faire je ne sais quoi avec mon remplaçant dans l’appartement qu’elle avait louée.
Collioure. Les paysages devenaient superbes. Les montagnes d’un coté, la Méditerranée de l’autre, le tout agrémenté d’une terrible musique.
La chanson se terminait quand les hostilités débutèrent. Virages en épingle. Descentes. Montées. Tous les ingrédients pour me faire plaisir étaient réunis. Tous les ingrédients pour faire gueuler Nastasia étaient également réunis : au bout de quelques kilomètres, de simulations de vomis et de menaces en tout genre, j’étais contraint à prendre un train de sénateur. Comment dit-on “frustration” en espagnol ?

Frontière espagnole. Enfin, frontière catalane diraient certains. Pas un chat ni un douanier à l’horizon. Dans le doute, je ralentis encore un peu.
Les virages effectuaient leur retour. J’utilisais tous les subterfuges en mon pouvoir : une musique des plus tranquilles et… Go go go ! Freinage, accélération violente, crissements de pneus et… sirène de police.

“Putain, t’es vraiment trop con !”. Elle avait raison. La seule valise que nous avions était remplie de billets peut être volés, ou tout du moins d’une origine plus que douteuse.
La voiture de police, un 4×4, avait son gyrophare allumé. Je n’avais plus qu’à me ranger et attendre le policier.
“Holà
- bonjour… holà monsieur l’agent
- vous roulez grande vitesse. Dangereux ! Donnez vos papiers”. Armé de mon visage le plus désolé possible je tendais ma carte d’identité. Nastasia fouillait frénétiquement ses poches : “Merde, les russes ont gardé mon passeport” chuchota-t-elle. “Je n’ai pas de papiers”.
Le policier ne semblait pas s’en préoccuper. Après avoir étudié ma carte, il commençait à s’intéresser à la voiture. Il faisait le tour, vérifiant l’extérieur et l’intérieur.
“Sortez et ouvrez la valise”. Merde, merde, merde ! Je lançais un regard en direction de Nastasia, espérant qu’elle ait une solution. Le policier montrait son impatience en donnant deux petits coups sur ma vitre. J’ouvrais la portière le plus lentement possible afin d’essayer de trouver une idée salvatrice. Nastasia fût plus rapide.
“Monsieur l’agent, il s’agit de mes petites culottes“. Le fonctionnaire ne comprenait pas ou du moins ne voulait pas comprendre. “Nous sommes en lune de miel. Nous allons passé la prochaine nuit à Barcelone”. Tandis qu’il s’agaçait de nous voir gagner du temps, Nastasia faisait le tour du véhicule. “Lune de miel, culottes, vous comprenez ?”. Devant la fermeté affichée par l’agent, Nastasia illustra son propos : elle saisit ma tête par mes cheveux et me tira contre elle, collant ses lèvres sur les miennes et sa langue au fond de ma bouche. Trois ou quatre bonnes secondes plus tard, elle me relâchait. “Lune de miel”. Le message était passé. Le policier me rendait ma carte d’identité tout en me disant de respecter la vitesse autorisée… ce que je fis jusqu’à Barcelone.

Je ne saurais dire si mes mains tremblaient de la peur que j’avais ressenti au moment où je m’apprêtais à ouvrir la valise ou si cela provenait de ce fougueux baiser.
“Tu embrasses drôlement bien tu sais
- Je devais me montrer convaincante
- Tu veux dire que tu as fait ça comme une actrice ?”. En guise de réponse, Nastasia ne m’adressa qu’un terrible clin d’oeil, aussi coquin que mystérieux.

Le reste du trajet fut des plus calmes. Aucune folie sur la route. Aucune folie non plus à l’intérieur de la voiture. Nastasia avait dormi le gros du trajet et j’étais pour ma part trop pris par mes réflexions : ai-je ou non une touche ?

Nous avions récupéré l’autoroute à environ 60km de Barcelone. Des panneaux nous indiquaient différentes destinations. Il fallait en choisir une.

1- L’aéroport. Là bas, on pourra laisser la voiture et éventuellement faire croire à nos éventuels poursuivants que nous avons pris un avion.

2- Le port. Là bas, on pourra laisser la voiture et éventuellement faire croire à nos éventuels poursuivants que nous avons pris un bateau. Avantage non négligeable : nous serons en plus en plein centre ville, idéal pour se promener.

3- Paris est loin, très loin. Personne ne nous poursuit. On va se prendre un superbe hôtel et garer la voiture dans le parking.

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Viva España

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Nastasia s’arrêta à la première aire d’autoroute.
La nuit était plus que fraiche : un vent puissant, mêlé de pluie, fouettait mon visage. En cette fin d’octobre, l’hiver semblait déjà là.
“Je dois aller faire une petite pause pipi. Tu veux un café ou quelque chose de chaud ?
- Je veux bien une bouteille d’eau, merci”. La trentaine et Sarko étaient passés par là. En pleine nuit, perdu au milieu de nulle part, je demandais une bouteille d’eau… Ah la la… Et pourquoi pas un coca zéro tant que j’y suis…

Ma bouteille d’eau minérale en main, Nastasia et Hugo allongés l’un sur l’autre à l’arrière, j’étais prêt à dévorer les kilomètres.
Millau et son viaduc. Béziers. Narbonne.
Un détail cependant me chiffonnait : la voiture dans laquelle nous étions ne nous appartenait pas et n’appartenait sans doute pas à ceux à qui on l’avait emprunté. Il n’était donc pas très malin de passer la frontière avec.

Un panneau indiquait la proximité d’une nouvelle aire d’autoroute. La frontière était à moins d’une centaine de kilomètres.  Je m’arrêtais pour réfléchir, peser le pour et le contre… et finalement pour m’endormir.

L’odeur du café chaud me réveilla. Nastasia, à qui on avait du sculpter un sourire, était assise à mes cotés. Elle était allée nous acheter un petit déjeuner à la station. Elle s’amusait de me voir dans mon demi-sommeil.
“Les gens parlent drôlement bien français pour des barcelonais” me lança-t-elle amusée.
- hum… il fallait que je réfléchisse…”. Nouveau rituel de trentenaire : j’allumais l’autoradio pour pouvoir prendre mon petit déjeuner avec les informations. Le journaliste évoquait la crise, divers faits divers sordides, les relations extra conjugales d’un people… à moins qu’il ne s’agisse d’un homme politique… ou des deux… bref, un peu tout mais pas un mot sur notre fusillade.
“Tu as vu, c’est étrange : une vingtaine de types se tirent dessus, un policier se fait assassiner, et le journaliste n’en parle pas !
- Peut être qu’ils n’ont pas encore trouvé le corps ?”.
Cette hypothèse n’était bien sur pas à exclure mais mon petit doigt m’indiquait qu’il devait y avoir une autre raison.
“Tout ça est vraiment bien étrange tout de même. Toute cette histoire ! Tu savais qu’un ami avait payé la clinique vétérinaire ? Or, je n’ai dit à personne que j’avais amené Hugo là bas ! Enfin, maintenant qu’ils ont la puce, j’espère qu’ils vont nous foutre la paix.
- La puce ? Celle là ?”. Nastasia fouillait la poche de son jean pour en sortir la source de tous nos ennuis : “Je l’ai prise sur la table juste après que tu m’aies détachée ! Alors, c’est qui la plus forte ?”.

D’un coté, avoir la puce en notre possession était la garantie d’avoir une dose infinie d’emmerdes. De l’autre, la puce pourrait nous permettre d’éventuellement troquer notre sécurité contre ce petit concentré d’électronique.
Alors que j’étais détendu depuis que nous étions hier soir sur le périphérique, je me remettais immédiatement en “mode parano”. Un petit coup dans le rétroviseur. Plusieurs voitures étaient garées loin derrière, avec des personnes à leur bord, surement en train de petit déjeuner tout comme nous.

Sans dire un mot, je démarrais.
“Mais attends, tu n’as pas pris de pain au chocolat !
- On n’a plus le temps. Nous devons être prudents. Il faut nous débarrasser de cette voiture”.
Nastasia avait compris que la puce était à l’origine de ma nervosité.
“Je ne t’en veux pas. Tu as surement très bien fait de la voler, elle pourra sans aucun doute nous être utile”. Remarque inutile : elle faisait la gueule.

Arrivés à Perpignan, je sortais de l’autoroute et suivais les panneaux indiquant le centre ville. J’entrais dans le premier parking souterrain que je voyais.

“Nastasia, je crois avoir un plan : on va laisser la voiture ici. Nous sommes au niveau -3. Je ne suis pas ingénieur en télécom mais à cette profondeur, si la voiture a un mouchard, il ne pourra pas émettre. Nos éventuels poursuivants mettront donc un certain temps avant de nous retrouver. Et maintenant :

1- on loue une voiture et on file en Espagne. On paie en liquide et dans deux heures on mangera du Serano.

2- on va à la gare et on prend le premier train pour Barcelone. On paie en liquide. Par contre, il faudra feinter le contrôleur, je n’ai pas le moindre papier pour Hugo.

3- on se planque dans un café et on surveille l’entrée du parking histoire de vérifier si on est ou non suivi.

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Car j’étais sur la route…

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Les Road Movies.
Je ne saurais pas expliquer pourquoi mais j’ai toujours adoré ces films. La route. L’aventure. Les emmerdes. Adolescent, j’en rêvais souvent, m’imaginant être comme ces acteurs sur la Route 66. Une quinzaine d’années plus tard, j’avais tout pour être comblé : une bagnole volée, une belle nénette au volant… malheureusement, en réalité, un road movie est beaucoup moins sexy.

On avait quitté l’entrepôt à toute vitesse. Dans la précipitation, on avait manqué d’écraser un clochard qui avait eu le malheur de s’allonger derrière la mauvaise poubelle… la poubelle que Nastasia avait malencontreusement renversé en ratant son virage. Un peu plus et nous étions bons pour le devis assurance auto.
Puis, on avait visité à notre grand désespoir de bien mauvais quartiers : alors que je criais “à droite”, Nastasia braquait à gauche, et inversement. L’avantage de cette technique de navigation était qu’on n’était pas prêt de nous retrouver.

Quarante cinq minutes plus tard (soit le temps de prendre / marquer 3 buts), nous étions sur le périphérique. Nastasia zigzaguait entre les files, aussi agile qu’un poisson dans l’eau. Je pouvais enfin me détendre. Un panneau indiquait “Porte Maillot”. L’instant d’après je dormais.

Une chaleur suave me réveilla. Quelque chose de chaud parcourait mon visage. Chaud et humide. C’était une langue… Nasta… “Putain Hugo !”. Mon chien était allongé à mes cotés et alors qu’il léchait ses pattes, il en profitait pour terminer la course de sa langue sur mon front. Nastasia, toujours au volant, rigolait : “Je l’ai fait sortir quand on est arrivé sur l’autoroute. Tu savais que tu ronflais plus fort que lui ?”. Elle rigolait à nouveau.
Il faisait nuit noire. “On a roulé longtemps ? On est où ?
- On a du faire 600 kilomètres ! On est quelque part entre Clermont Ferrand et Millau.
- Hein ? Mais où allons-nous ?
- Je ne sais pas. Que dirais-tu de Barcelone ?”.
L’idée paraissait de prime abord saugrenue. Mais après tout, mieux valait ça à un couteau russe planté dans le ventre.

J’avais du dormir cinq bonnes heures. J’étais encore à moitié assoupi. Un énième coup de langue de mon chien me décida à me relever. Nastasia avait transformé le siège passager en table de pique nique : canettes de coca, chips, sandwiches. Un détail attirait cependant mon attention : au milieu de ce bordel anarcho-alimentaire se trouvaient des billets de 100 euros, jetés en boule.
“Tu as gagné au loto ou quoi ?
- Non, j’ai braqué une station d’autoroute”.
Quoi ! A peine nous étions sortis d’une emmerde qu’elle nous replongeait dans une autre. J’étais blême. Être poursuivi par des russes était certes désagréable mais moralement acceptable : après tout, je n’avais rien fait de mal. Mais être poursuivi par la Police pour un braquage était beaucoup moins justifiable tant auprès de ma conscience qu’auprès d’un jury populaire…
“Rassures toi, je n’ai tué personne. Dès que j’ai tiré dans le pied du pompiste, tout le monde s’est couché à terre et j’ai pu piquer la caisse. Et puis, c’est bien fait pour ce con, avec ses grands airs, on aurait dit qu’il se prenait pour le Président.
- Quoi ? Mais putain, tu es folle ? Qu’est ce qui t’a pris ?
- Ben on n’avait plus d’essence. Et comme tu dormais si bien, je n’ai pas voulu te déranger pour prendre ta carte bleue”.
Par chance, mes bras étaient solidement attachés à mes épaules et ne pouvaient pas tomber plus bas.
“Mais… enfin…”. Nastasia me jetait des regards coquins dans le rétroviseur et commençait à rigoler. “Ce n’est vraiment pas drole tu sais”. Son sourire se transforma en fou rire. “Ce n’est pas drôle tu sais, on va aller en prison”. Elle continuait à rigoler.
“Allez, détends toi ! Je n’ai pas braqué une station. L’argent vient d’une valise qui était dans le coffre, sous ton chien. Au petit déj, tu es plutôt caviar ou foie gras ?”. Elle riait à nouveau.
Si j’avais été honnête, j’aurais pu lui dire que j’avais surtout envie de chocolat, mais je n’avais pas envie de faire mon vieux con.

Deux personnes et un chien. Une étudiante pyromane, un divorcé misogyne et un clébard percé de part en part par une balle : quelle équipe de choc ! Et histoire de pimenter le tout, une valise pleine de billet piquée à des assassins… Mais il faut toujours positiver : ça pourrait être pire !

“Je commence à être fatiguée. Tu veux me relayer ou tu préfères qu’on cherche un petit motel pour terminer la nuit ?”.

1- “Je me suis bien reposé. Viens dormir à l’arrière, quand tu ouvriras les yeux, nous serons à Barcelone”.

2- “J’ai encore sommeil. Je crois qu’il serait préférable de dormir encore un peu. D’ailleurs, par mesure de sécurité et pour ne pas attirer les soupçons de l’hôtelier, je crois que nous ne devrions prendre qu’une seule chambre”.

3- “Tu as de la chance d’être avec un gentleman comme moi. Un goujat aurait déjà essayé de profiter de l’occasion… On va trouver une chambre. Pendant que tu profiteras d’un lit propre, je resterais dans la voiture avec Hugo”.

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Alors ? Qu’est ce qu’il y a dans le ventre de ce chien ?

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Les deux russes soulevaient Hugo sans aucun ménagement.
Cette absence de douceur à l’encontre d’un chien n’avait finalement rien de surprenant, après tout,  ces hommes n’hésitaient pas à tirer sur des femmes. La scène n’en était pas pour autant moins supportable : “bande de sauvages ! Allez y mollo, vous lui avez déjà tiré dessus”.
J’avais l’impression de pisser dans un violoncelle ! Hugo se débattait mais il ne pouvait vraiment lutter. Quelques secondes plus tard, le coffre de la voiture se refermait sur son museau.

“Allez monte !”. Il fallait croire que c’était une coutume russe d’associer la parole aux gestes. Igor me saisit par le col et me jeta à l’intérieur de sa voiture sous le regard médusé des passants.

Une bonne heure s’écoula avant d’arriver à l’entrepôt. Une heure de torture. Une heure seul avec ma conscience, à réaliser que j’étais en train de conduire mon chien à l’abattoir. Une heure à réaliser que je risquais également de subir le même traitement.
Réfléchir. Ne pas paniquer. Autant dire : mission impossible.

L’entrepôt était situé dans une zone industrielle complètement déserte. Seule la lumière qui passait par une vitre opaque permettait de deviner qu’il y avait de la vie à l’intérieur.
Deux coups de klaxon et, après qu’une tête soit sortie pour effectuer un contrôle visuel, la grande porte coulissait devant nous pour se refermer juste après notre entrée.

Igor semblait vouer une passion sans limite pour mon col. En tirant délicatement dessus, il m’expulsa de la voiture. Nastasia avait pu se rhabiller ; elle était assise par terre, ses mains étaient attachées au pied d’une chaise. Histoire de me rassurer, elle m’adressait un ravissant sourire et un clin d’œil : elle allait donc bien.

“Vous nous avez fait perdre un temps précieux. Peut être pensez vous que nous sommes là pour visiter Paris et que nous avons du temps à perdre. Sachez que vous vous trompez”. Au moment où il ponctuait sa phrase, le chef me gifla violemment. Son geste était bien moins douloureux que les coups que j’avais pris aujourd’hui. Mais le claquement et le filet de sang qui s’échappait de ma lèvre était vraiment humiliant. Une rage folle m’envahissait : je voulais le gifler à mon tour, le mettre au sol et le rouer de coup de pieds… c’était un vœu pieu.

“Vous comprenez que nous ne pouvons plus vous faire confiance. Le chien a mangé la prothèse. La prothèse contenait une puce. Il n’y a que trois hypothèses : soit cette puce est tombée et c’est tout à fait regrettable que vous ayez été mêlé à cette histoire, soit vous avez cette puce ou soit votre chien l’a avalé.
- Écoutez, j’ignore de quoi vous parlez. Mon chien a trouvé ce bout de silicone et à force de mordre dedans il l’a déchiré. Tout ce que je sais c’est qu’il ne l’a pas avalé, demandez à votre collègue, il vous le dira ! Le vétérinaire a fait une radio et il n’a rien trouvé.
- Je sais déjà tout ça. Mais comprenez moi, vous m’avez déjà menti tout à l’heure. Et puis, je ne connais pas ce vétérinaire, peut être ne fait-il pas bien son travail. Il serait regrettable que votre chien ait à souffrir d’une erreur de diagnostic. Vous savez une puce est quelque chose de vraiment trop indigeste.
- Il n’a rien du tout dans son estomac. Vous le savez tout comme moi.
- Rassurez vous, nous ne sommes pas des sauvages”. Il prenait un grand couteau qui était jusqu’alors posé sur la table. “Si vous voulez, je peux lui mettre une balle dans la tête avant de l’opérer”.

Hugo.
Dire où se trouvait la puce ou condamner Hugo.
Dire où se trouvait la puce, éventuellement épargner Hugo, et nous condamner, Nastasia et moi.
“Ne faites pas ça.
- pourquoi ? Vous savez où est la puce ?
- non, je vous l’ai déjà dit.
- Vous préférez que je l’endorme avant de l’opérer ?”.
Il secouait son pistolet. Je devais l’empêcher. Je devais gagner du temps.
“Tenez-lui les pattes”. Hugo gémissait. Allongé sur le flanc, dans le coffre, ses membres étaient solidement maintenus.
La lame du couteau était posée sur son thorax : “je vous laisse 3 secondes. Après, j’opère. 3, 2, 1…
- Attendez !”. La voix tremblante, le visage ruisselant, je respirais un grand coup avant de dire ce que je n’aurais pas pensé dire quelques instants plus tôt : “Tuez le avant… s’il vous plait”.
J’ignorais ce que cela signifiait mais le russe fit un petit signe de la tête, comme un acquiescement, tout en ôtant son sourire narquois. Alors qu’il pointait son arme sur la tête d’Hugo, son téléphone sonna. Il hésita un instant puis posa son arme dans son holster pour répondre.
La discussion dura moins d’une minute. Dès qu’elle fût terminée, il donna des instructions à ses hommes qui lâchèrent Hugo. Une fois le coffre refermé, ils se mirent à ranger leurs affaires.

“Très cher Monsieur, sachez qu’une nouvelle fois, vous me décevez énormément. Vous nous avez encore menti. Un de mes hommes arrive, il a la puce avec lui.”.
La puce ? Un de ses hommes ? Mais c’était impossible !

Quelques instants plus tard, une voiture arrivait. Un gyrophare bleu scintillait. C’était une voiture de la police. Pourtant, ici, personne ne semblait inquiet. Igor jeta un coup d’œil dehors avant d’ouvrir la grande porte. Une voiture banalisée entrait. Au volant : un homme en noir. Un des collègues de K, un de ceux qui étaient chez mon ex. Tout s’effondrait autour de moi.

Le chef des russes lui ouvrit la porte. Les deux hommes échangèrent une franche poignée de main : “Vassilia, ça vaaaaaaaaaa ? j’ai ce que tu cherches”. L’homme en noir lui tendait l’enveloppe que j’avais laissé au commissariat. “Je l’ai récupéré en toute discrétion. Personne ne pourra remonter jusqu’à moi.
- J’en suis tout à fait certain”. Alors qu’il prenait l’enveloppe, Vassilia enfonça son couteau dans le ventre de l’homme en noir. “Ne te fais plus de soucis, personne ne viendra t’embêter”.
La lame retirée, l’homme s’écroulait. A peine avait-il touché le sol que Vassilia donnait une série d’ordres. Tout le monde s’activait, ils comptaient rapidement partir.

Vassilia était à nouveau au téléphone. Il passait de nombreux appels et s’adressait à ses interlocuteurs avec calme. Il parlait en faisant les cent pas. Plus personne ne semblait se soucier de nous. Ils avaient leur puce. Ils avaient des problèmes à régler. D’abord les plus importants. Ensuite, nous.

Nastasia regardait à droite, à gauche. Elle semblait réfléchir à trouver un moyen de s’échapper. Où trouvait-elle cette énergie ? Pour ma part, je restais planté là, debout, immobile, bien incapable de la moindre réflexion.
Vassilia entamait son troisième appel. Il s’était assis sur la table à laquelle Nastasia était attachée. Visiblement détendu et satisfait de la tournure des évènements, il plaisantait avec son interlocuteur. Alerté par les mouvements de tête de Nastasia, je constatais que dans sa décontraction, il avait posé son couteau et la puce sur la table. J’ignorais ce qu’avait Nastasia derrière la tête mais cela me semblait totalement irréalisable. Le temps d’arriver à la table, Vassilia aurait eu tout loisir pour récupérer son couteau et m’éventrer comme son ex-associé.

Terrifié à l’idée qu’un des Russes n’aperçoive Nastasia me faire des gestes, je tournais sur moi même pour faire face à la porte d’entrée. A ce moment là, il me sembla apercevoir une puis deux ombres passer devant la vitre opaque. Avant d’avoir pu réaliser ce que je venais de voir, la vitre se brisa et s’accompagna d’une série de coups de feu. Au même moment, la porte d’entrée volait en éclat, déchirée par un camion lancé à vive allure. Par réflexe ou par culture cinématographique, je me jetais au sol et regardais Nastasia pour la rassurer du regard. Elle ne semblait pas vraiment paniquée et continuait à me monter le couteau sur la table. Vassilia s’était mis derrière un poteau pour se protéger et tirer à couvert. Les balles fusaient de toute part. Incapable de me lever, je rampais en direction de Nastasia.
“Prends le couteau et coupe les cordes !”. Je la regardais, immobile, pétrifié.
Calmement, elle recommença : “Tends ton bras et prends le couteau. Coupe mes cordes et ensuite je nous sors de là”. Tel un enfant de deux ans, sans trop savoir ce que je faisais, je m’exécutais.
Quelques secondes plus tard, je la libérais. “Quand je te le dis, tu te lèves et tu cours jusqu’à la voiture. 3, 2, 1, on y va !”.
Nastasia se leva, prit ma main et me tira. La peur de mourir, de prendre une balle, me donna des ailes. Alors que je sautais sur les sièges arrière par la portière par laquelle j’étais descendu, Nastasia prenait le volant et démarrait en trombes.
Sans même avoir le temps d’avoir peur, nous étions dehors. Vivant et dehors.
“Ca va? Tu n’as rien?” demanda-t-elle.
- Non et toi ?
- Je crois que j’ai fait pipi dans ma culotte mais sinon tout va bien” lança-t-elle sur le ton de la plaisanterie. “Où allons-nous ?”.

1- Fonce au commissariat le plus proche. Il faut tout raconter et qu’on soit protégé.

2- Roule le plus longtemps possible. Il faut quitter Paris, se mettre au vert et réfléchir à tout ça.

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Quelqu’un aurait vu un nibard ?

Attention : c’est le Week End. Il y a deux votes. Vous avez jusqu’à dimanche minuit pour voter.

Précédemment dans “Si j’aurais…”

“Je n’en sais rien. Mon chien l’avait chez moi. Il doit être encore là bas.
- dépêche-toi de te rhabiller”.
Une minute après, j’étais à nouveau dans la voiture.

La nuit commençait à tomber. L’avantage d’avoir un doigt cassé est que la douleur vous fait oublier à peu près tout : le danger, le stress, la faim, la peur… L’inconvénient par contre est que cela vous rend très égoïste : j’avais mal, très mal et je ne craignais qu’une chose… faire une bêtise pour ne plus ressentir de douleur…
Je devais rester lucide sur les choix à opérer. Ils ne devaient pas avoir la puce sinon il était évident qu’ils allaient nous liquider.

Trois quart d’heure plus tard, la voiture entrait dans mon parking. Une forte odeur de brûlé s’échappait dès l’ouverture des portes de l’ascenseur. Ce n’était qu’un amuse gueule comparé au spectacle qui m’attendait. Le couloir du 3ème étage baignait dans l’eau. Ma porte avait été défoncée par les pompiers, enfin, je supposais que c’était leur œuvre, à coup de haches. Mon appartement était entièrement calciné. Tout avait brûlé. Il ne restait quasiment rien d’intact. Nastasia n’avait pas les choses à moitié.
“Où est la prothèse ?
- euh… je ne sais pas… comment vous voulez que je le sache, tout est brûlé !
- trouve la ou je te casse un autre doigt”.

La peur. Elle m’habitait. Des pieds à la tête en passant par mon index brisé en deux. J’avais peur. Peur d’avoir mal. Peur de mourir. Peur tout court.
Je devais gagner du temps. Je devais faire semblant de chercher ce foutu bout de silicone. Je soulevais des restes de t-shirt, de caleçon. Tout n’était que cendres et amas boueux. Quelle sera ma vie après tout ça ?
Mon manège ne prenait pas. Igor -il avait une tête à s’appeler Igor- s’agaçait et secouait avec de plus en plus de vigueur son bras et par conséquence la main située à son extrémité… ainsi que la crosse du pistolet qu’elle tenait solidement. J’ignorais s’il le faisait exprès mais voir un mec de près de deux mètres et 100kg, armé, s’énervait, était de nature à faire naître du stress en moi.
“Vous ne pourriez pas arrêter de pointer votre arme vers moi s’il vous plaît ? Cela me permettrait de me détendre et de chercher plus efficacement”. Un de mes mots devait être une insulte en russe. Alors que son acolyte n’avait pas bougé de la porte, Igor se mit à me hurler dessus, s’avançant arme au poing en ma direction.
“Excusez-moi ! Arrêtez de me braquer comme ça, s’il vous plaît… Aidez-moi à chercher, on ira plus vite. Ensemble. Together”. Ma proposition l’avait tellement surpris qu’elle l’avait stoppé net. “Ensemble. Yes we can ! YES WE CAN!”. La frontière entre la surprise et l’exaspération est souvent proche. De toute évidence, je l’avais franchi. Alors que j’étais concentré sur son arme, son poing gauche venait heurter mon nez.

Je n’y voyais plus rien. Des larmes inondaient mes yeux tandis que mon nez pissait du sang. Et Igor continuait à hurler, à me braquer. J’allais mourir.

Un téléphone sonna. Le téléphone d’Igor. Les sonneries le calmèrent mais il restait là, le bras tendu dans ma direction. Étrangement, je n’avais plus peur. Je savais que j’allais mourir. On a peur quand on a un doute. On a peur quand on a le choix. Ce n’était plus mon cas. J’étais résigné.

Gardant son arme dirigée sur moi, Igor décrocha. S’en suit un échange bref mais sévère. Tu m’étonnes… il n’a pas la puce. Visiblement contrarié, Igor me tendit le téléphone.
“Allo ?
- Vous me décevez. Vous devez penser que nous ne sommes pas sérieux. Je ne vous avais rien demandé de compliqué. Vous voulez dire quelque chose à Nastasia ?”.
Ses hurlements transpercèrent mes tympans. “Nooooooon! Lâchez moi! A l’aiiiiiiiiiiiiiiiiiide”. Un coup de feu stoppa un bref instant ses hurlements. Un fraction de seconde plus tard, ses cris redoublaient.
“Continuez à vous moquer de nous et rapidement il ne restera plus grand chose de votre amie. Où se trouve l’objet que je recherche ?
- Mais je vous assure qu’il doit…
- Recommencez !” Nastasia hurlait encore plus fort.
“Arrêtez ! Arrêtez ! La prothèse se trouve juste en dessous, chez Nastasia.
- Bien. Rendez le téléphone à mon collaborateur”.

Pas besoin d’écouter la conversation. Je savais ce qu’ils étaient en train de se dire.
Un instant plus tard, nous descendions chez Nastasia… et fracturions sa porte. Un instant plus tard, je leur tendais la prothèse, enfin, ce que les dents d’Hugo avaient bien voulu épargner.
“Arrêtez ! C’est jouet du chien”. Voilà pourquoi ils ne l’avaient pas pris. Ils ignoraient que le truc qui était dans la gueule d’Hugo était la prothèse.
“Je vous assure que c’est la prothèse”. Les deux hommes se hurlaient dessus. Ils venaient sans doute de comprendre leur erreur et si cela se passe comme dans les romans policiers, dans de tels milieux, après de grosses erreurs, on touchait rarement les Assedic.

Igor passa un appel, à son patron je suppose. Dès qu’il eut finit, il beugla : “amène nous au chien !”.
J’étais pris au dépourvu. Que faire si ce n’était d’aller à la clinique vétérinaire ? “Il est soigné dans le XVème”. Le temps de descendre au parking et nous prenions la direction de la clinique.

La personne qui était à l’accueil tapait avec frénésie sur son clavier les consignes qu’avait enregistrées sur un dictaphone un vétérinaire. Coquette, ses écouteurs étaient assortis à son collier. Elle ne nous avait pas vu arriver jusqu’à ce qu’Igor crut bon de manifester notre présence en lui arrachant un écouteur.
“Veuillez excuser mon ami. Il est un peu nerveux. Je viens voir mon chien. Je l’ai déposé tout à l’heure pour une blessure au niveau de la gorge. Il s’appelle Hugo”.
Visiblement contrariée par l’attitude cavalière d’Igor, elle chercha dans son ordinateur la fiche d’Hugo. “Allez au fond de ce couloir. C’est Monsieur Boullevault qui s’est occupé de votre chien”. Elle remettait son écouteur et reprenait sa frappe.

“Docteur Boullevault, bonjour, on vient de m’indiquer que vous vous étiez occupé de mon chien : Hugo.
- Oui. Tout à fait. Tout d’abord, je tiens à vous rassurer : le saignement était spectaculaire mais la blessure n’était pas si grave que cela. Par contre, j’ignore ce que vous avez fait à mon responsable, mais j’ai cru qu’il allait me virer quand je lui ai dit que je n’avais pas fait de radio ! Donc, puisque cela semblait important, il n’y a ni éclat de balle ni quoi que ce soit à l’intérieur de votre chien”.

Bordel ! Mais qu’est ce qu’il raconte ce con ! Igor, dont le français n’était pas fameux, semblait avoir tout bien saisi et discutait avec son collègue.

“Par contre, je vous demanderais d’aller voir mon responsable pour pouvoir récupérer votre chien. Il se trouve à l’étage supérieur”.

Après avoir gravi les marches, nous rentrions tous les trois dans un hall. Au milieu, se trouvait l’homme à la blouse blanche qui avait récupéré Hugo dans ma voiture. Son visage se ferma dès qu’il me vit.
“Votre chien a été recousu. La plaie ne saigne plus. Vous pouvez le prendre.
- Merci beaucoup. Je dois signer un papier ? A qui dois-je payer ?
- c’est bon, votre ami a déjà tout payé”.
Mon ami ? Quel ami ? De qui parlait-il ?
“Au revoir”. Il tournait le dos et s’éloignait.
Qui aurait pu payer l’intervention ? Qui était cet ami ?

Mon tendre Igor mit fin précipitamment à ma réflexion : “allez vite, vas chercher chien”.
Hugo me regardait. Il semblait amorphe. Ils avaient du lui donner un calmant. Il restait là, debout devant moi, sans bouger.
“Viens mon chien, on va aller faire un tour en voiture”.
Une fois dehors, le téléphone d’Igor sonna à nouveau. Après une nouvelle discussion musclée, Igor activa le haut parleur :
“le vétérinaire a dit que votre chien n’avait pas mangé de puce. Alors, ne me forcez pas à vous reposer une nouvelle fois la question : où est-elle ?”.

1- Tant qu’ils n’auront pas la puce, il nous restera une chance de survivre. “Écoutez, j’ai fait tout ce que vous m’avez demandé. J’ai donné à vos hommes la prothèse. Je les ai amenés à mon chien et un vétérinaire nous a assuré qu’il n’avait rien avalé. Je ne sais pas de quelle puce vous parlez, ni où elle se trouve. Laissez nous à présent et laissez Nastasia partir”.

2- Tant que je ne leur dirai pas où se trouve cette foutue puce, ils vont continuer à nous torturer et je ne vois plus quelle carte je pourrais encore abattre. “La puce se trouve au commissariat des Halles ! Je l’ai laissé là bas tout à l’heure”.

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“La confiance n’exclut pas le contrôle. Igor, tu vas ramener tout le monde et nous allons vérifier par nous même que le chien n’a pas avalé cette puce”.

Les salauds ! Ils allaient ouvrir mon chien en deux. Ils n’allaient écarter aucune hypothèse et l’hypothèse qu’Hugo ait avalé la puce était tout à fait plausible, malgré ce qu’avait déclaré le vétérinaire.
Hugo se traînait péniblement. Son bandage étant autour du cou, le vétérinaire lui avait retiré le collier. Je devais donc le pousser pour le forcer à avancer.
Une fois arrivés à la voiture, Igor ouvrit le coffre de sa voiture : “fais le monter dedans”.
Je prenais avec délicatesse les pattes avant de mon chien. Malgré tout ce que je lui avais fait subir, il continuait à me regarder avec cet amour si… canin ! Au moment où je levais ses pattes, Hugo poussa un gémissement de douleur. Aussitôt, je reposais ses pattes sur le sol. “Il ne peut pas monter, vous voyez bien qu’il a trop mal”. Igor, visiblement excédé, me poussa et donna des instructions en Russe. Les deux russes saisirent chacun une paire de pattes pour hisser Hugo dans la voiture.

1- C’est sans doute ma dernière possibilité de fuir. Fuir et récupérer la puce. Fuir et prévenir K. Fuir et sauver Hugo et Nastasia.

2- Si je me sauve maintenant, je risque de ne plus revoir vivant Nastasia et Hugo. Je dois retourner dans cet entrepôt et avec un peu de chance, nous sortirons tous trois indemnes de cette histoire.

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C’est mon petit doigt qui me l’a dit

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Une fois de plus, il fallait faire vite.
Une fois de plus, il fallait agir sous la contrainte.
Une fois de plus…

L’agent de Police me montrait à présent clairement du doigt. Il n’y avait aucun doute, j’étais bien le sujet de leur discussion.
“Dépêchez vous !” me chuchota dans le creux de l’oreille mon nouveau camarade avant de me tirer avec une douceur slave par le col. Avant d’avoir fait un mètre, le policier m’interpelait :
“Monsieur ! Où allez vous ?”. Une fois de plus, j’étais terrifié. Des souvenirs de polars ou de western jaillissaient dans ma petite tête. J’imaginais déjà le Russe sortir son flingue et tirer sur tous les képis. “Vas lui raconter ce que tu veux mais ne fais pas de bêtise, je te surveille. Tu ne voudrais pas que ta copine est un accident non ?”. Le message était clair. Limpide. Ne pas déconner.

“Je reviens Monsieur l’agent. Je me suis mal garé et cette personne, qui m’a vu entrer, m’a dit que je bouchais le passage. Je n’en ai que pour quelques minutes.
- Mais Monsieur… mon supérieur va vous recevoir”.

C’était maintenant ou jamais. Saisir l’occasion ou mourir. Présenté de la sorte, le choix paraissait simple. En réalité, c’était beaucoup plus risqué et dangereux. Compte tenu de l’agencement du hall, sortir l’enveloppe de la poche et la donner à l’agent ne poserait pas de soucis, le Russe étant positionné de telle sorte qu’il ne pouvait voir mes mains. Cependant, il fallait que l’échange avec le policier soit bref sinon j’allais éveiller les soupçons.

“Je vous assure que je reviens tout de suite. Ma voiture est neuve, je n’ai vraiment pas envie qu’on me la raye. Si votre boss arrive avant moi, vous n’avez qu’à lui remettre cette enveloppe. Elle contient l’objet que cherchait l’homme qui m’a interrogé tout à l’heure.
- quoi? ce petit truc à l’intérieur ?”. Cet abruti devait rêver de New York la nuit : il tenait fièrement au dessus de sa tête l’enveloppe et pinçait entre ses doigts la petite puce.
“Si j’étais vous, j’arrêterais ça tout de suite. Je ne sais pas ce que c’est mais votre collègue m’a bien mis en garde : c’est très fragile et doit être manipulé avec une extrême précaution. A mon avis, soit ça se casse très facilement, soit ça explose”.
Le ton calme que j’avais utilisé avec refroidi les ardeurs de mon apprenti Colombo. Immédiatement, il baissa son bras.
“Et surtout ne la perdez pas, je reviens !”. Je m’éloignais tandis que, d’un regard rempli de craintes et de doutes (ils ne seront donc jamais amis!), il continuait d’observer l’enveloppe…

J’essayais de trouver une réplique originale pour mon accompagnateur. La délicatesse avec laquelle il saisit mon col mit fin à ma créativité. “Dépêche toi connard!”. Outre le caractère grossier de cette phrase, le plus inquiétant était le ton employé : l’ambiance n’était vraiment pas à la franche déconnade.

Boulevard Sébastopol, une voiture nous attendait. Mon ami du métro était au volant. Nos retrouvailles ne furent marquées d’aucune effusion de joie. Ils eurent cependant la délicatesse de me faire assoir devant : “si tu essayes de descendre, saches pour ton information que tu as un pistolet pointé sur ton dos”.
Les règles étaient claires et il n’était absolument pas question de tricher.

La voiture prit la direction du Nord de Paris puis de je ne sais quelle petite ville de proche banlieue. Droite, gauche… gauche, droite… Après une série de croisements, la voiture entrait dans un hangar digne d’un polar américain. L’entrepos était vide. Au milieu, se trouvaient une voiture, des Russes et Nastasia. Pour la troisième fois de la journée, je la trouvais en sous vêtement : elle était menottée à une chaise, en larmes.
“Qu’est ce que vous lui avez fait ?
- Ta Gueule!”. Histoire de mieux se faire comprendre, mon interlocuteur crut bon d’associer à sa réplique une grosse claque derrière la nuque.
Il fallait positiver : en comparaison à ce qui m’attendait, cette claque était un vrai moment de douceur.

“Nastasia, ça va ?”. L’homme devait avoir un vocabulaire limité à deux mots. Après m’avoir répété Ta Gueule, il me jettait violemment à terre.
J’avais l’impression d’avoir les rotules incrustées dans le sol. Sans avoir le temps de me plaindre, l’un deux beugla un truc et aussitôt on me souleva. Celui qui m’avait jeté au sol quelques secondes plus tôt était en train de me fouiller. Sans doute, cherchait-il la puce. Puisqu’il ne la trouvait pas, il passa à la vitesse supérieure et commença à m’ôter mes affaires. Sans même avoir eu le temps de protester, je me retrouvais dans une situation fort gênante. Tel Roger Moore ou Sean Connery dans James Bond, je me trouvais entouré de gros méchants et devais sauver une belle fille… néanmoins, il y avait une différence entre eux et moi : les situations dans lesquelles ils se trouvaient dans leur film n’étaient jamais humiliantes, ce qui n’était plus mon cas ! J’étais face à Nastasia, torse nu, pantalon et caleçon au niveau des chaussettes… Bien sur, j’étais très fier de moi mais je ne voyais pas la même fierté dans le regard de Nastasia. Ceci dit, ma nudité n’était rien comparée à l’humiliation que je subissais puisqu’on était en train de vérifier que je n’avais pas caché la puce dans mon postérieur

L’homme qui désormais connaissait tout de mon intimité cria un truc qui devait vouloir dire “il n’a rien”.
“Où est la puce ?” hurla celui qui devait être le chef.
- la puce ? mais quelle puce ?
- où est le nichon que ton chien a volé ?
- le nichon ? quel nichon ?”.
Sans prévenir, sans dire “attention, je vais compter jusqu’à 3″, l’un d’eux saisit mon index et le brisa. Mon hurlement fût à la hauteur de ma douleur. Nastasia criait à son tour tandis que le salopard qui venait de me casser mon doigt me tenait pour éviter que je ne m’effondre.
“Il te reste 9 chances. Après on passera à autre chose. Où est le nichon ?”

1- La douleur était vraiment insoutenable. Je n’avais pas envie de perdre un autre doigt et je n’avais pas plus envie de savoir à quoi ils comptaient s’attaquer ensuite. “La puce est au commissariat ! Je l’ai laissé là bas”.

2- La douleur était violente, à la limite du soutenable. Mais au moins j’étais vivant. Nous étions vivant. Je devais gagner un maximum de temps pour pouvoir trouver comment nous sortir de là. “Mon chien a du laisser le nichon chez moi”.

3- Continuer de mentir. Nier en bloc. Tant qu’ils n’auront pas la puce, nous resterons en vie. “Mais puisque je vous dis que je n’en sais rien!”

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Une puce c’est chip

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Tout cela devait s’arrêter. Il fallait mettre un terme à cette course effrénée, arrêter de courir la peur au ventre. Mon ancienne vie laissée quelques heures plus tôt me manquait déjà terriblement ! Oui, je rêvais d’avoir à nouveau la vie de Monsieur tout le monde, oui je rêvais d’aller travailler en montant dans une rame de métro surchargée, parfumée de bonnes odeurs de transpiration… pour être plus honnête, je rêvais aussi d’aller travailler en taxi.
Les gens se plaignaient de la crise alors que finalement, vivre en période de crise n’était pas si difficile. Personne ne vous tirait dessus. Personne ne vous poursuivait.
Je voulais aussi pouvoir me plaindre à nouveau de la crise, des banquiers et du réchauffement climatique.
Cette histoire devait vraiment s’arrêter. Et en France, quand on veut solder un problème, on fait appel à la Police (et pas aux Hells Angels comme au Canada) !

De toute évidence, les problèmes actuels (les miens hein ! pas ceux de la crise) provenaient de la puce trouvée dans ce foutu nichon. Il ne faisait aucun doute que les Russes voulaient la récupérer et je supposais qu’il en était de même pour le gars de la Police tout de noir vêtu.
N’ayant aucune envie d’aller discuter une nouvelle fois avec mes amis d’ex URSS, je ne voyais pas d’autres issues que de me rendre au commissariat des Halles, là où j’avais laissé mon flic en noir, surnommé par mes soins “K” (rappel : pour ceux qui auraient raté l’explication).

“Je dois récupérer un objet chez une amie. Je n’en ai vraiment que pour une minute. Ensuite, nous irons tout raconter à la Police. Je pense qu’une équipe travaille déjà sur notre histoire. On leur racontera  tout, dans le moindre détail, et ensuite on file loin d’ici le temps que tout se calme. Tu es d’accord ?”

Son sourire valait toutes les réponses. On dit toujours que c’est dans l’adversité qu’on découvrait vraiment les personnes… de toute évidence, j’adorais ce que j’étais en train de découvrir.

Ma vieille voiture se faufilait sans trop de difficultés dans le trafic. L’appartement de Sandrine n’était vraiment pas loin. Quelques minutes après, je me mettais en double file en bas de son appartement, laissant à Nastasia les clés de la voiture pour qu’elle la puisse la déplacer si elle venait à gêner.

Après une ascension rapide de l’escalier, je tapais à la porte. C’est l’ami Philippe qui ouvrait, se contentant de me jeter un regard glacial… Aussi aimable qu’une porte de prison… Était-ce si terrible d’être aujourd’hui supporter de l’OM ?
“Bonjour Philippe, ravi moi aussi de te voir. Peux-tu appeler Sandrine s’il te plait ?
- Non, elle n’est pas là. Elle est à l’Aquaboulevard.”.
Merde ! Ça je ne l’avais pas prévu.
“Elle rentre bientôt ?
- Tu es de la Police ? Non, elle n’est pas prête d’arriver. Il y a eu une fusillade près du périphérique. Elle m’a téléphoné pour dire qu’elle allait rester un moment regarder la police scientifique travailler, puis elle m’a rappelé de l’Aqua, elle attendait encore un peu car un connard avait déclenché l’alarme incendie et elle voulait être certaine qu’il n’y ait pas le feu”.
Journée de merde !
“Je suis passé tout à l’heure lui laisser un objet. Elle ne t’aurait pas dit où elle l’aurait rangé ?”
De toute évidence, elle ne lui avait pas même dit que j’étais passé.
“Qu’est ce que tu racontes ? Si tu étais venu, elle me l’aurait dit ! T’as encore picolé ou tu es juste con ? Dégages d’ici, encuuuuuuuuuuuuuuulé!”. Mais combien ils mettent du “u” à Marseille ?
Craignant sans doute une surdité de ma part, Philippe a cru bon penser de joindre les gestes à la parole. Avec tendresse et amour, il me poussait sèchement en arrière.
Le geste était vraiment irritant. Bien sur, j’aurais pu lui raconter un gros pipeau mais sur l’instant, j’avais surtout envie de l’étrangler cet encuuuuuuuuuuuuuuulé !
Je devais me calmer et réfléchir. La priorité était la puce.
Ma réflexion fut brève, Philou, le coquinou, ayant décidé de me donner une nouvelle poussette.
Action. Réaction. A peine m’avait il poussé que je lui retournais une patate sous le menton. Et comme à la télé, sans avoir eu le temps de broncher, il s’étalait comme une meeeeeeeeeeeeeeeeerde… euh de tout son long je voulais dire.

Dépourvu de toute conscience, j’étais en train de me muer en une espèce de sauvage. Seul mon objectif m’intéressait. Laissant Philippe à même le sol, j’entrais dans l’appartement. Je devais trouver cette puce.
Cela ne devrait pas être trop difficile tant tout était admirablement bien rangé. La table était parfaitement lustrée. Le linge était plié. Tout était à sa place. Et la puce… n’était pas là! Où l’avait elle cachée ? L’appartement regorgeait de bibelots, albums photos et tableaux. Après avoir tout désossé, je commençais à être résigné. Sans doute l’avait-elle emportée avec elle. Et puis, tout d’un coup, la solution jaillit : la puce était là, sous mes yeux. Le lit était comme toujours parfaitement fait et seul un lapin était posé là, entre les deux oreillers.
Or cette peluche, je le connaissais très bien puisqu’elle avait animée bon nombre de nos soirées. Elle contenait en effet une ouverture dans son dos, ce qui nous permettait d’y introduire nos mains et de la transformer en marionnette, mais également d’y cacher tout un tas de choses pour ensuite mettre mal à l’aise Sandrine devant ses invités.

Bingo ! Elle était là. Sandrine l’avait glissé dans une enveloppe avant de la planquer dans son lapin. Une fois dans ma poche, je prenais la direction de la sortie. Alors que j’enjambais Philippe, un brin d’humanité refaisait surface en moi. Avant de partir et de fermer la porte, je lui glissais un oreiller sous la tête et me retenais de lui donner un bon coup de pied dans les cotes. Encu**************lé!

Nastasia et la voiture étaient toujours là. “Foutu autoradio ! Il ne marche pas, je n’ai pu écouter que les infos ! Et tu sais quoi ? Il n’y a pas un mot sur la fusillade”.
Rien d’anormal cependant, elle n’avait eu lieu qu’il y a quelques minutes. Ceci dit, à Paris, les informations circulent très vite et je n’aurais pas été surpris d’en entendre parler. La circulation était fluide, dans une dizaine de minutes, nous serons aux Halles. Il fallait en profiter pour discuter. “La fusillade ? Tu y étais ?
- oui ! Ce sont les gars qui t’attendaient chez toi qui ont tiré.
- mais cette fille, c’était qui ?”
Une nouvelle fois, Nastasia pleurait.
” Je ne sais pas. Ils me poursuivaient. Ils criaient que si je ne m’arrêtais pas… et puis, ils ont tiré. La fille venait vers moi. Elle s’est effondrée à mes pieds.”
Les larmes s’étaient transformées en sanglots. Elle prenait alors la casquette que je lui avais achetée un peu plus tôt et la posait sur son visage inondé. C’était à mon tour de la consoler. Tenant le volant d’une main, je l’enlassais de l’autre. Je n’en saurais pas plus.

Alors que nous approchions des quais, la circulation devenait vraiment dense. Trop pour se déplacer rapidement. A la première occasion, je garais la voiture et invitais Nastasia à terminer le trajet à pied. Dix minutes plus tard, nous étions au commissariat.

“Bonjour Monsieur l’Agent, je suis venu un peu plus tôt ici suite à une altercation. Avant de partir, j’ai été interrogé par l’un de vos collègues. Il n’était pas en uniforme mais portait un costume tout noir”. L’agent me prenait pour un fou et vu la lassitude qu’il exprimait, je ne devais pas être le premier qu’il voyait aujourd’hui.
“Un homme en costume noir ? Comme dans Men In Black ?
- tout juste ! Quoi qu’il n’avait pas de stylo pour effacer ma mémoire, enfin, je crois”. De toute évidence, il n’appréciait guère mon humour que je trouvais personnellement fameux !
“J’ai trouvé un objet qui pourrait servir son enquête et je souhaiterais lui remettre.
- Monsieur, comme vous le voyez, personne ne porte de costume noir ici.
- s’il vous plait. Je vous assure qu’il m’a interrogé ici même. Je ne pense pas qu’il travaille dans vos services. C’est aussi en rapport avec la fusillade qui vient d’avoir lieu dans le XVème ! Pouvez vous demander à un de vos supérieurs s’il vous plait, c’est vraiment important ?”.
Devant mon insistance, bien que ne croyant pas un traitre mot à mon récit, l’agent acceptait et s’éloignait de son comptoir.
Nastasia ne pleurait plus mais le sourire qu’elle arborait d’accoutumée avait laissé place à une grande tristesse. Je la regardais, impuissant.
“Je reviens. Je vais aux toilettes. Tu m’attends avant d’aller voir le policier hein ? Tu ne me laisses plus seule ?”.
Cette fois-ci, c’est mon sourire qui la rassurait. Elle fit demi-tour et s’éloigna.

Deux minutes plus tard, j’apercevais l’agent. Il était en train de discuter visiblement de moi, avec un collègue. Mais de quoi pouvaient-ils bien parler ?
Un homme posa sa main sur mon épaule. Il arborait un sourire de composition et me tendait une casquette, celle que Nastasia portait il y a un instant.

“Si vous voulez la revoir vivante, suivez moi”. Son accent ne laissait aucun doute. Il était Russe.

1- Je ne supporterais pas qu’on fasse du mal à Nastasia. Je dois les suivre. Ils n’en ont pas après nous. Ils veulent juste la puce. Je leur donne et ils nous laisseront en paix.

2- Je ne supporterais pas qu’on fasse du mal à Nastasia. Je dois les suivre. Mais si je leur donne la puce, c’est clair qu’ils vont nous tuer. Ils ont déjà tué une innocente en pleine rue, ils ne se gêneront pas avec nous. Avant de partir, il faut que j’arrive à déposer sur le comptoir de l’agent l’enveloppe contenant la puce.

3- Mais putain ! Je ne peux pas accepter d’être menacé dans un commissariat. Police ! Cet homme est armé et a kidnappé mon ami !

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Allo les pompiers ? c’est encore moi !

Précédemment dans “Si j’aurais…”

Allez, hop ! Un petit coup sur la vitre et il n’y aurait plus qu’à attendre, bien caché, de voir Nastasia se sauver au milieu de la foule.
De toute évidence, il s’agissait d’une très mauvaise idée. L’alarme chantonna son hurlement mais la foule se limita à un vigile ! Quelques secondes après avoir cassé la vitre, un des responsables de la sécurité, talkie walkie à la main, se précipita sur le lieu de mes méfaits. Après avoir indiqué à ses collègues qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise plaisanterie, la sonnerie stoppa immédiatement.

“Merde, quel con!”. Je n’avais pas vu Nastasia et en plus j’avais les vigiles sur le dos. Ils devaient à coup sur être en train de visionner les enregistrements vidéos pour voir qui avait déclenché l’alarme.
En même temps, passer un message auprès de l’hôtesse était tout aussi con, Nastasia n’aurait jamais pu l’entendre si elle était dans le cinéma.

Peut être était-ce mieux d’ailleurs. Si Nastasia n’était pas avec moi, peut être serait-elle plus en sécurité. Résigné, je sortais de ma planque pour partir récupérer ma voiture et mon chien. Arrivé en bas des escalators, une surprise m’attendait : les Russes étaient en train de venir à ma rencontre. Sans même savoir s’ils m’avaient vu, paniqué, je remontais illico. Mon cœur battait si fort qu’il allait exploser. J’étais terrifié. Tétanisé.
Arrivé à l’étage, bien incapable de partir en courant, je ne savais plus quoi faire. Me cacher mais où ?
Quelques mètres derrière moi, les deux hommes arrivaient. Ils parlaient entre eux, en russe bien sur, et à voix haute ! Leur discussion semblait agité. De toute évidence, ils ne souhaitaient pas êtrediscret. Ils n’avaient donc pas du me voir. A moins qu’il ne s’agisse d’une énième feinte de l’ours ?

Je ne pouvais pas prendre le risque de rester là, immobile. Il fallait que je me protège et vite !
Le vigile ! Il était là, toujours au même endroit, dévisageant les clients pour essayer de trouver le coupable. Il fallait prendre le risque… “Monsieur ! Monsieur !… euh… je viens d’entendre une alarme. Est ce qu’il y a le feu ? Une bombe ?”. Tandis que les Russes passaient devant moi, en m’ignorant, l’agent de sécurité, sans même m’adresser un regard me rassurait en m’expliquant qu’ils s’agissaient de jeunes plaisantins… Le délit de sale gueule a décidément toujours autant la côte ! Mais pour une fois, je n’allais pas m’en plaindre…

Les Russes, après avoir jeté un bref regard en direction de la piscine, prenaient la direction des salles de cinéma. Ils devaient chercher Nastasia !
C’est quand tu veux pour une autre casquette… c’est quand tu veux pour une autre casquette… je t’attends au magasin”. Cette voix, c’était celle… de l’hôtesse ! Pas celle de Nastasia. Je pouvais d’ailleurs apercevoir le comptoir d’accueil et à l’exception de la personne qui venait de parler dans le micro, il n’y avait personne.

Les Russes n’avaient pas fait attention au message. Ils parlaient à une des ouvreuses et semblaient décrire ma poupée Russe .  Elle ne l’avait pas vu ou du moins ne voulait pas leur dire et multipliait les “non” avec sa tête.

Il fallait une nouvelle fois se dépêcher et profiter de cet instant. Abandonnant mes poursuivants à leur enquête, je descendais une nouvelle fois les escalators, direction le magasin de sport et le rayon des casquettes.
Au menu, j’y trouvais des grandes, des petites, des grosses, des minces… mais pas de Nastasia. Elle devait pourtant être là. Qui à part elle pouvait laisser un message aussi étrange ?
Elle devait sans doute se cacher dans le magasin. J’arpentais donc les différents rayons, repassant de nombreuses fois devant les casquettes. En vain.
Elle n’était pas là. A moins qu’elle ne soit cachée dans une cabine d’essayage. Tous les rideaux étaient tirés. Ne souhaitant pas m’attirer les foudres des autres clients en passant pour un gros pervers, je m’agenouillais feintant de faire mes lacets pour regarder sij’apercevais les chaussures que je lui avais acheté quelques minutes plus tôt. Bingo ! En une fraction de seconde, j’ouvrais le rideau, glissais ma tête en chucottant un “coucou”… et essuyais un cri strident : ce n’était pas Nastasia ! “Oh pardon Madame. Je vous ai pris pour ma femme. Excusez moi. Pardon.” Putain de journée de merde ! Après tout ce qui venait de m’arriver je venais d’entrer dans une cabine où se trouvait torse nu une grand mère de 70 ans ! Mais qu’ai je fait pour mériter cela ?
Les gens me regardaient totalement incrédules. Ils n’avaient pas besoin de parler : je leur faisais peur, j’étais un vilain vicieux…
“Allez mon cher mari, ça suffit de regarder dans les cabines”. Nastasia me pris par le coude et me tira en direction de la sortie. Elle portait une tenue complètement différente. “J’espère que tu as de quoi payer car je n’ai rien sur moi”. Sans dire un mot, je sortais ma carte de crédit et tendais les étiquettes que Nastasia venait d’arracher à ses vêtements. “Madame, je suis navrée mais je dois enlever le système de sécurité accroché à votre pantalon et votre sweat“. Impassible, Nastasia, au milieu des caisses, s’exécuta. C’était la seconde fois de la journée que je la voyais en petite culotte. Déjà, la première fois, c’était surprenant. Que dire de la seconde…

Deux minutes plus tard, nous marchions au milieu d’un attroupement de personnes restées regarder travailler la Police. Nastasia, qui n’avait pas dit un mot, se mit à pleurer. Sans rien lui demander, je la serrais fort dans mes bras avant de la faire monter dans la voiture.
Après une manoeuvre des plus osées et quelques mètres parcourus en marche arrière sur le trottoir, je pouvais faire demi-tour et partir d’ici.

Il fallait quitter Paris. Il fallait fuir d’ici, laisser loin derrière nous ces Russes et attendre que la Police règle tout ça.

1- “Nastasia, je dois récupérer un objet chez une amie. Sandrine n’habite pas très loin. Je n’en ai que pour quelques minutes.”

2- “J’ai du déposer Hugo dans une clinique vétérinaire. Sa plaie saignait vraiment beaucoup, j’ai cru qu’il allait mourir. On y sera dans quelques minutes. J’ai vraiment besoin de savoir comment il va”.

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